Les mercredi du Spleen & other love Songs – Spicks & Specks, Bee Gees -1967)

Spleen Chalet  Tout ça, c’est la faute à l’abruti qu’a inventé le « balcon » ; à lui et rien qu’à lui.  Sinon, comment un individu aussi pragmatique, si peu romantique du dehors et du dedans que ma modeste personne, alors adolescent au coeur de silex, se serait transformé en matière à absorber le ciel et ses nuages, les lunes et les yeux des filles… Si cet abruti balconneur, disais-je, avait eu la moindre once de bon sens, jamais au grand jamais le désormais trop célèbre (mais si peu célébré!) Patrick, ou Patichou, ou Patou, ou Woody ou encore bien désigné Mysogine préféré des femmes (mais si!) ou ce que vous voudrez il n’est plus à ça prêt, n’aurait never met ze spleen et ses affres…  Surtout que, vérité ne saurait mentir, combiné à une façade de chalet Suisse et fenêtre donnant sur les alpes et plus précisément le « Mont Rose » – acte prémédité, c’est sûr – et avec, c’est pas fini, un chantant ru de montagne modèle déluge serpentant d’entre les rives bucoliques et toutes en fleurs de la vallée verdoyante du Saas… mais c’était la nuit, ce qui ne serait grave s’il n’y avait, surplombant le tout enchanteur précédemment dépeint, ô misère, ce ciel pur et translucide donnant vue sur la morne mais délicate lune et, bordel de Dieu, sur le grand cirque métaphysique des constelations étoilées habitées par de sourdes ô combien grandes et petites Ourses.  Ah oui, tout ça du bas de mes 14-15 ans par là sous l’infinitude d’un mal à poindre (tout vient à poindre à qui sait attendre!), écrasé par la douleur que le ciel fit mienne… et j’avais rien demandé…
 
C’est alors, dans une époque où encore je gambadais solide et tranquille, joyeusement égaré que le spleen, ce fils de pute, m’a chopé aux ventricules, petites et grande oreillettes – bref, la grande et totale invasion barbare -.  Topo : 15 ans, boutonneux mais pas trop, intelligent déja trop, pas de lunettes, la timidité rougissante comme animal de compagnie – un drame -, mes humeurs lunatiques comme constante et, habité déja d’une curiosité qui fait honneur à la race humaine : mon intérêt pour la mixité… effectivement, à l’époque du 5-18 ans de mes colonies de vacances, la mixité flamands-wallons était naturellement de mise, avec soit dit en passant pour charnière centrale de la méconduite et du conflit le bruxellois, mais soit.  Bref, ado curieux ayant pour sujet d’étude ce joyeux et extrême mélange sans extrêmisme, la mixité linguistique et son beau muscle rose… Ne cachons pas que, dans l’enfance, j’avais quasi plus de copines que de copains ce qui est mieux pour apprendre à rouler à vélo (on pourra allé se cacher plus loin pour se faire des bisous!), les protéger du Loup (dis, on reroule encore dans l’herbe, ils nous verront pas, viens, allez, y sont loin…), jouer à la marelle (oui mais quand est-ce qu’on s’embrasse..?), et, comme final à l’enfance, jouer au docteur (oh non, encore s’embrasser, j’ai plus drôle comme jeu ; et là t’as mal quand je chatouille?!)… So, les copains, s’était pour le foot en pension et les chambards en colo’…  Mais je m’égare, revenons au centre de la préoccupation d’alors : la flamande, d’un naturel aimable, et son abordage, taïaut… Ayant vécu presque un an à la mer (Oostduinkerke) et ayant eu là-bas des petites copines embrassées au gré des dunes, francophones et flamandes, et curieusement, étant le chouchou, si si c’est vrai, déja turbulent mais si gentil des monitrices, j’avais droit à des égards comme l’autorisation, par exemple, de rester pour jouer avec la fille du responsable de « l’hôtel » ou de la chef monitrice, tandis que les autres allaient divaguer sur les plages de février et mont et vaux suisses de juillet ; bref soumis, eux, à mon goût prononcé pour l’indépendance personelle et le tête-à-tête mixte par circonstance.  Et l’adolescence aboulera sans qu’on lui ai rien demandé… Faut savoir que la flamande de 14-15 ans à le bon teint de qui ne vît pas à Charleroi, le regard charmeur, innocent et si peu farouche (pas que le regard soit dit en passant – oui, je sais encore une digression : mais j’aime les digressions, patate!), qu’elle parle français suffisament pour se faire entendre, et que je parle pas du tout néerlandais ce qui à le « mérite » de me rendre moins compréhensible encore voire sourd aux demandes physiques non recevables… Alors qu’un regard, une danse lors de nos boums colonisées par la montante vague disco, un bisou dans le cou (les flamandes ont de grands cous, et de nombreuses surfaces embrassables de la tête aux pieds en passant par la bouche langagière), aurait suffit comme langage, mes mots gentils se transformaient illico presto en rougeurs méchantes au visage, et que ce qui allait de soi dans l’enfance n’allait plus du tout de soi dans l’adolescence, crétine par essence, tout ça sur fond de musique « kitch » façon « I Want You, You Want Me » de Cheap Trick ou du « I was made for loving you » de Kiss (youhou tu m’écoutes, luisterd en betje, zie me nicht met zoveel grands ogen apeurés même if ik ben tout rouge je voudrais bien te zien à t’y voir ma connasse d’amour!) bref, tout pour faciliter l’accrochage… Stayin’alive des Bee Gees (on y vient) par contre m’agaçait hautement (ah si!), au chalet comme au juke-box, partout qu’elles le mettait et je restais stayin’tout seul… bref, j’étais jaloux, un peu, beaucoup, passionément, jamais pas du tout (étrange!)… de ces tarlouzes en costume de bal à 10 sous, avec voix de faussets, de la barbe… ah elles bavaient de tout leur saoul en clignotant de la mirette gauche, l’oeil droit chez les filles servant toujours à espionner sa voisine, concurrente ou meilleure amie (c’est exact le même!) et de leurs sous dans ces pédés de juke-box pour café valaisan…  Je m’interressais pas encore vraiment à la musique que je me retrouvais, hop, ni une ni deux, has been comme une grosse bièsse…  bref, de quoi aller se flinguer dans sa chambre, se jetter par la fenêtre… et ainsi ce casser le nez sur un balcon (voila, preuve est faite!), et quand le coeur et le nez saignent, on lève la tête qui n’y est plus du tout et schlah poum paf pif, pleins d’éoiles sur la tronche et autres moeurs saisonnières boum dans le coeur…
 
Heureusement, musicalement, y avait les copains de chambrée (des deux langues), dont un, flamoutche de pure souche, avait une K7 dont j’étais DINGUE et qui devait lui servir à séduire la poulette wallone fragile et légère de la papate, une bande son donc pleine de pop-song antérieures au disco (à lexception des hits en vogue dans la suisse valaisanne alémanique maniaque, qui arrivent avec entre 3 mois et 5 ans de retard…) des BEE-GEES, avec des titres courant de 1967 à 1979… K7 que je finirai par lui voler courageusement, quelques heures avant le départ (faut pas laisser trainer des choses comme ça dans des valises, c’est pas malin!)… Alors, dans la chambre sous l’envoutement tais toi laid du chalet, à la frontière du vide et de mon trop plein affectif je chialais comme un gros con… je comprendrai bien plus tard, que ce n’était pas tant au statut de flamande mais bien à celui de femme que je devais ce spleen (sal…)… Bref, j’entrai dans l’univers de la musique et des déboires adolescentes par le balcon d’un chalet baptisé Niwi à cause d’une ou plusieurs flamandes sous un ciel étoilé qui ne m’avaient dit niwi, ninon… un soir de rougeur et où le non-dit (la flamande, ouverte en beaucoup d’endroits est hermétique au non-dit) et les baisers volés (les meilleurs!) ne joignaient pas de lèvres émancipées… Des jours, je me dis que je n’ai toujours pas quitté ce balcon… Tant mieux? Tant pis?.
 
Les boutons et les rougeurs sont parties, mes 13-17 ans aussi comme mes p’tites copines ont repris cars et trains et depuis 20 balais et autant de kilos superflus… restent les Bee-Gees qui ne sont pas tous morts et pas mal de bons souvenirs… et je trouve les femmes toujours aussi belles et touchantes, et pour elles si je rougis moins, je pense que je parle toujours trop et difficilement…et n’embrasse pas assez ; mais bon si c’était si simple ce serait dommage… pourquoi ferrer simple quand on peut ferrer compliqué…
 
« Spicks and Specks » est le tout premier hit single de nos félés australiens, en 1967, , dont l’humour me fera toujours marrer, car vraiment ils ne se prennent pas trop au sérieux…  Le clip est kitch et drôle…
 
 La K7 a été rééditée et complétée des morceaux des années 80′, 90′ et 2000… et oui 35 ans de hits… « Bee-Gees – Their Greatest Hits, the Record ».  Je le conseille très chaudement. ( Massachussets, I started to Joke, Tragedy, Night Fever, autant de hits, et dans les spleen songs Run to Me , Words, Islands in the stream, first of May).
 
« Spicks & Specks » – Bee-Gees, 1967 : 
 
 
 Evidemment, je sais que je suis amoureux… quand j’écoute les Bee-Gees, question de se « foutre dedans »… mais ça m’arrive pas souvent… d’être amoureux…   
  Pour terminer; leur dernier hit, très « Pearl Jam », le verrait bien repris par Eddie Vedder ; le très beau « This is where I came In », en 2002 et le making off du clip de « This is where… » et un petit remembering de leurs débuts (qui n’a jamais spleené sur les Bee-Gees me jette le premier 45 tours).  Beaucoup d’humour chez ces grands artistes, génies de la pop song mélodique.
 

Voila, a mercredi prochain…

 
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Une réflexion sur “Les mercredi du Spleen & other love Songs – Spicks & Specks, Bee Gees -1967)

  1. Pingback: “This were where they came in” – RIP Robin Gibb et “Lundi du Spleen” « L'Ornithorynque – restons subversifs (na!).

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