Polnareff : coucou le re-revoilou!

Icône française de la musique (celui qui dit variété je le frappe!), Michel Polnareff est de retour sur scène après 32 années d’absence (si on oublie l’enregistrement au Roxy de Los Angeles, et le concert télé, doublé d’un album live,  de 1980 ; les journalistes ont la mémoire courte!).  Il vient de donner le premier concert de la tournée (Paris Bercy), et sera (j’y vais YEAHHHH!) le 29 mars à Forest National, salle qu’il « connaît bien » pour l’avoir fréquentée en 1975…  Petit article « portrait » de l’homme aux lunettes… Moins auteur que compositeur, je ne suis pas entièrement d’accord!.
   

Evocation de Ludovic Perrin (in libération & La libre.be)

Moins auteur que compositeur, Polnareff remonte sur scène après une très longue absence. Retour sur une carrière mouvementée, de ses débuts à son exil américain. Le parcours atypique d’un « prince en otage ».

3417ae5176842aec2155ae5348c17d8e4ffb0a90345d9Trente-deux ans après Bruxelles, suivant un Olympia deux ans plus tôt, Michel Polnareff n’atterrira finalement pas au Stade de France en hélicoptère comme imaginé un jour depuis Los Angeles. C’est à Bercy, après répétitions au Zénith de Limoges, rallié depuis Paris en camping-car avec sa nouvelle fiancée, que l' »Arlésienne » donnera corps à son retour sur scène. Polnareff fut le premier chanteur français à exiger des clauses de confidentialité dans ses contrats. On n’en saura donc pas beaucoup plus. Mais comment s’attendre à autre chose qu’à un best-of réorchestré ? Car, s’il a mis trente-quatre ans à réinvestir une salle parisienne, Polnareff pourrait bientôt battre un autre record : vingt ans depuis son dernier album, « Kama Sutra », en 1990. « Quand Michel « revient », le héros n’est pas Michel Polnareff, c’est l’événement « retour «  , note Yann Moix en préface du livre « Polnareffmania ». Le personnage principal, c’est le retour de Michel, pas Michel qui revient : Michel n’est que le corollaire de ses actes, de son art, de ses concerts. »

Nostalgie

Le réalisateur de « Podium » avait demandé à Jean-Paul Rouve d’incarner Michel Polnareff. Celui-ci vient de solliciter l’acteur pour le clip de son dernier single. Sept ans après le décevant « Je rêve d’un monde », chez Sony, puis l’introuvable « Go Go Monago » pour le premier pentathlon organisé par la Principauté de Monaco, « Ophélie flagrant des lits » donne pareillement espoir à un nouveau disque. Michel Polnareff, depuis son home studio à L.A., jure être prêt. Mais qui peut dire aujourd’hui à quoi ressemble la musique de Polnareff ? Ces dix dernières années ont bruissé de rencontres avec le parolier de Bashung, Jean Fauque, ou Carla Bruni. Les fans devaient en définitive se contenter des hommages que lui rendaient Pascal Obispo, Bertrand Burgalat et la Star Academy. Voire, Mathieu Boogaerts, intitulant son dernier album « Michel », sans que cela ait d’ailleurs d’autre rapport avec l’intéressé que la nostalgie d’un prénom qui ne se donne plus et d’une époque où les invités de Maritie et Gilbert Carpentier s’appelaient à peu près tous comme ça (Fugain, Sardou, Delpech, Jonasz, etc.).

Bien avant les tournées sold out de la génération Mademoiselle Age tendre, Michel Polnareff avait pourtant su faire fructifier son catalogue. Depuis 1990, avec une régularité d’horloger, le chanteur et sa « productrice-manageuse » Annie Fargue (une ancienne de la comédie musicale « Hair ») supervisent des compilations avec Pub TV. Format simple, double, long-box, elles sont toujours une bonne nouvelle pour les disquaires, avec des scores entre 100 000 et 400 000. Cela ne s’explique pas tant par un réveil des baby-boomers que par une succession de tubes assez inégalables sur la carte pop.

Airs aussi fols que lui

Depuis « La Poupée qui fait non » (1966), reprise d’emblée par le flower pop Scott McKenzie, puis par Mylène Farmer et Khaled trente ans plus tard, en passant par « On ira tous au paradis » par les Enfoirés, Michel Polnareff a composé des airs aussi fols que lui. Mais ce fils d’une danseuse et d’un compositeur pour Piaf n’a pas seulement ouvert le registre masculin aux voix de tête grimpant aux rideaux, il a également modifié les habitudes d’enregistrement. Avant lui, on couchait quatre titres en trois heures, sans dévier de la partition. Polnareff, qui a supervisé les enregistrements aux quatre coins du monde de Kama Sutra depuis sa suite au Royal Monceau (par téléphone), met, à l’heure des Trente Glorieuses, la technique au service de la composition. D’audacieux mariages qui ouvrent le musicien au cinéma (depuis « Erotissimo », « Ca n’arrive qu’aux autres », « La Folie des grandeurs », « Lipstick »… ) et au théâtre (« Rabelais », mise en scène de Jean-Louis Barrault).

Ambiguïtés sonores

Pratique, le texte est déjà là. Car, à l’époque où la génération post-yé-yé continue de traduire des succès américains, Polnareff imagine, lui, une nouvelle langue : un français qui se tord sous des titres en anglais (« Love Me Please Love Me », « Holiday »). Seul ou assorti de collaborateurs avec qui il se fâchera plus ou moins (Franck Gérald, Pierre Delanoë, Jean-Loup Dabadie, Jean-Paul Dréau, Pierre Grosz ou Jean-René Mariani), il conjugue ces ambiguïtés sonores avec celles de son personnage, traité à l’occasion de « tata » à cause d’une chanson (« Ta-Ta-Ta-Ta », 1967). Quand il n’affiche pas son cul sur les murs de Paris, il compose des chansons qui semblent venues de Londres. Comment ne pas entendre « I’m calling » dans « Ame câline » (1967) ? Secret de fabrication : « J’étais à Marrakech, allongé sur mon lit et il y avait un oiseau qui sifflait. J’écoutais et je ne faisais pas attention, et puis je l’ai joué sur ma guitare, j’ai continué, et ça a donné « Ame câline ». C’est la seule fois que j’ai piqué la musique à quelqu’un et qu’on ne m’a pas attaqué. » (in « Polnaculte »).

Moins auteur que compositeur, il a le sens des titres, « Le Roi des fourmis », « Le Bal des Laze » ou « Lettre à France » -­ un de ses cartons… Succès. En 1977, Polnareff a quitté la France depuis quatre ans. Volé par son homme de confiance, il ne lui reste qu’un aller simple sur le France. A New York, il signe avec les disques Atlantic. Album en anglais, musiques de films, succès. Le mégalo myope repart de zéro comme à ses débuts. La France ne le reverra que dans les années 80, logeant au-dessus d’un café en Seine-et-Marne, en maison de repos en banlieue, ou au Royal Monceau (800 nuits). C’est un « Prince en otage », né dans le Lot-et-Garonne, qui retrouve l’anonymat lorsqu’il ôte ses lunettes noires. Il les rechausse pour faire la lumière sur une longue éclipse. © Libération – La libre Belgique.

blu-polnareff-retour1  Bonus vidéo, le splendide « Goodbye Marylou », tiré de l’album « Kama Sutra », le clip ne reflète pas vraiment le morceau, c’est dommage.  J’ai mis des années à comprendre vraiment ce morceau, à me laisser apprivoiser par lui… Un jour le déclic c’est fait, ce morceau est grandiose, vraiment, sensible et intelligent.  Un des plus beaux textes de la chanson française?.  Une autre de mes préférées, pas de vidéo -zut merde- sur l’album « coucou me revoilou » : « J’ai tellement de choses à dire » (on m’a dit de ne rien dire, je reviens de là-bas dans l’Oz…).

Goodbye Marilou :

Bonne nouvelle donc, pour les fans ; et pour confirmer ce sens de l’humour qui n’appartient qu’à lui, le crétin d’Obispo est interdit à ses concerts… RDV le 29 mars…

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