Peter Handke : écrits pour le regard (1966-1988) 1/6

En plein travail handkien, villageois, je ne résiste pas à partager avec vous quelques phrases de Peter handke, écrivain et auteur de théâtre autrichien né en 1942 en Carynthie. Les textes sont tous d’avant 1988, et le thème central est "le regard" ; il y aura chaque semaine une petite sélection subjective d’extraits lié à ce "regard", cette nécessité d’être témoin des événements, grands et petits, du monde ("En présence de ce que tu vois, pense que cela t’a peut-être déjà sauvé").
 
Premier thème (1/6 1966-1988) : "D’où part le regard"
 
  Handke, au point de "déranger" (juste les imbéciles et les ineptes, les moralistes ou directeurs artistiques de théâtre crétins : cfr le besogneux Bozonnet, ex-comédie française, défenestré, hop), affirme toujours aujourd’hui cette nécéssité, plus fort et plus durement que jamais (cynique?).  Je vais suivre ici un parcours chronologique dans les courts morceaux choisis ; me référant principalement au livre "Peter Handke"*de G.A. Goldschmidt, traducteur de Handke.  Et pour reprendre les mots de G.A.G., la déscription chronologique à l’avantage de préserver la logique interne de l’oeuvre.  Je ne ferai par contre pas de résumé des bouquins traversés ; il s’agit d’une libre chronique de sensations… tant de sens, que de forme (et chez Handke la forme donne sens, possiblement), et de poésie (quelle belle langue que celle utilisée par Handke!!!).
 
 
"Pendant que le train roule, pendant que la porte est ouverte, pendant qu’on joue aux cartes à l’auberge du village, pendant que le projectionniste s’est étendu sur trois chaises devant la porte ouverte de sa cabine, le frère, lui, s’est noyé". 
 In les Frelons, roman, 1966.
 
"Malgré lui, il écoute avidemment. il s’exerce même à observer dans l’effroi. S’il avait maintenant besoin d’aide, il ne demanderait pas, au milieu de la pièce vide, si il y a quelqu’un, mais s’il n’y a personne." 
 In le Colporteur, roman, 1966.
 
"Pour montrer qu’il n’est pas coupable de la mort de son enfant qu’il a lancé en l’air pour l’amuser, un homme prend l’autre enfant des bras de sa femme, également présente dans la salle d’audience, s’avance et lance l’enfant en l’air ; l’enfant tombe, lui glisse des mains, frappe le sol et meurt".
In Anecdote 2, nouvelle, 1967(?) ; trop drôle, non?.
 
"Et ce n’est pas la première fois
que je lis
que quelqu’un a été battu
jusqu’à ce qu’il soit prêt
à déclarer
qu’il n’a pas été battu".
In "les nouvelles expériences / le non sens et le bonheur", poésie, 1966/1967.
 
Voila, très subtil, souvent drôle (cynique, bis?) et d’une "technique" d’écriture redoutable, Handke fait du lecteur le témoin occulaire du récit ; inutile de préciser que "l’étranger" de Camus l’a fort marqué!.
 
* ref. : Peter Handke" par Georges-Arthur Goldschmidt, collection "Les contemporains – Seuil" n°2 / Editions du Seuil  
 
NB : sur ce blog, l’album photo "Uber die dörfer", lié à ma recherche sur "Par les villages", pièce de Handke ; utilisez le regard comme témoin, sens de cet album "référent de travail", considérant que "Charleroi, est un village, le mien", et le seuil charnière de mon propos dramaturgique (pour peu qu’il y ait dramaturgie, au sens habituel du terme, chez notre joyeux luron d’auteur).
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3 réflexions sur “Peter Handke : écrits pour le regard (1966-1988) 1/6

  1. Voulez vous me donner la référence de la citation « En présence de ce que tu vois, pense que cela t’a peut-être déjà sauvé » ?
    Merci d’avance !

  2. On retrouve cette citation en 4è de couverture de « Peter Handke », par G.-A. Goldscmidt (1988) ; n°2 collections « les contemporains » au Seuil (ISBN 2.02010041-X)

    Je vous cherche la référance exacte, que je connais, mais sur laquelle je ne remets pas de suite la main!

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