A few words from Maïakovski : « Vladimir Maïakovski » (1/2)

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2 août 2007 par L'Ornitho

Un petit peu de théâtre, et de poésie… Vladimir Maïakovski (1893, né d’être né…- 1930, mort de s’être suicidé).
« Voyez – je suis cloué au papier par les mots », écrit-il en 1915 ; poète et dramaturge donc!.
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Aujourd’hui et demain, deux extraits de « Vladimir Maïakovski » (1913), tragédie en 2 actes, plus prologue et épilogue. Chouette idée d’écrire une tragédie où on est soi le centre, moi ça me fait pas mal marrer, et ne le cachons pas, Maïakovski à un humour particulièrement grinçant, et aime la satyre politique (sinon, en Russie tsariste, à quoi bon?). C’est sa première pièce, et je vous en livre le prologue.
« C’est trop fort pour vous,
moi, si calme,
sous l’orage des rires
je porte mon âme sur un plat
au festin des jours futurs.
Coulant comme une larme vaine
sur le poil des places publiques,
peut-être suis-je
le dernier poète.
Avez-vous remarqué?
Dans les allèes de pierre
le visage zébré de l’ennui
vacille au bout d’une corde
et les ponts lèvent des bras de fer
sur l’écume des fleuves au galop.
Sonorités,
le ciel sanglote
sans retenue,
une grimace tord
la commissure du nuage
telle une femme après l’attente qui reçoit du ciel un avorton ;
le soleil aux doigts dodus
poils follets
vous caresse,
odieux comme une mouche,
vous, esclaves épuisés de baisers.
Impavide,
je porte dans les siècles haines aux rayons diurnes –
nerf électrique -,
mon âme est tendue, je suis le roi des lampes!
Venez à moi vous tous
qui brisez le silence, vous qui criez :
midi noeud coulant trop serré!
Venez, avec des mots
simples comme mugir
j’ouvrirai pour vous
nos âmes neuves,
crépitant comme un arc électrique,
je vous toucherai la tête
et vos lèvres pousseont
pour d’énormes baisers,
vos langues
propres à tous les peuples
et moi, boitant de l’âme,
j’irai vers mon trône sous des voûtes trouées d’étoiles,
je m’éteindrai,
lumineux,
vêtu de paresse
sur une couche molle de vrai fumier
paisible,
serrant les genoux des traverses
et la roue d’une locomotive
me prendra par le cou ».
Voila donc les mots de notre poète de 20 ans… bien de saison! « Mon âme est tendue, je suis le roi des lampes » – trop drôle, non? En tout cas, moi il me fait rire… Demain?… la suite… le… la… l’épilogue… allez, encore un petit bout, pour la route la faim la soif l’envie le désir : « Sec, je suis sec comme une femme de pierre, vidé comme une vache. Le voulez-vous? un merveilleux poète pour vous dansera ».
Autre lien sur ce blog « La grande lessive » – théâtre, analyse – 16/03/2006.
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6 réflexions sur “A few words from Maïakovski : « Vladimir Maïakovski » (1/2)

  1. Patrick dit :

    Après relecture, le lien proposé (La grande lessive), et ancien article se tient toujours, je suis content (y’a même un commentaire de Mike!). Il est toujours possible de commenter ce précédent billet. 

  2. Longlostgoodbyestrangerinzenaille-te dit :

    Oui mais… Maïakovski alpin ou Maïakovski de fond?

  3. Patrick dit :

    Ca dépend de la pente…  

  4. Longlostgoodbyestrangerinzenaille-te dit :

    Après le "Cercle de craie…" de BB, Maïakovski… Toi tu files un mauvais coton, mon ami! J’en ai connu qui viraient pétébisses pour moins que ça… Ceci dit, t’a rien de plus pertinent que le futurisme russe???  Parce que les avants-gardes, passé le siècle, ça commence à sentir un peu le vieux troskard moisi (et JE SAIS de quoi je parle…) Après, qu’est-ce qui reste? Voyons, Arrabal, c’est déjà fait… Le théâtre complet d’Armand Gatti? Dieux du ciel protégez-nous!!!Quand je pense que tu f’sais la fine bouche quand on montait "Rundkopf und Spitzkopf" avec le 645… (Bon, c’est vrai qu’on chantait la "Lanterne à sonaille" toutes les cinq minutes, mais c’était juste pour se chauffer la voix…)Enfin bon, si tu continues comme ça, c’est à chaque message que je vais t’appeler Kmarââât’!!!Signé: le Kmarââât Commissaire du Peuple à l’orthodoxie doctrinale et à la surveillance des déviances petites-bourgeoises individualistes qui troublent la bonne âme du Prolétarien (ou à pas grand chose…)

  5. Patrick dit :

    Mais non j’vire pas "pétébisse"… on ne vire pas pétébisse, on sombre pétébisse (t’as vu 3 x dans la même phrase!), et j’aime pas sombrer, en tout cas dans le rouge (ni le "brun-noir-vert-de-gris", la dégoutante couleur!).
     
    Mais oui, le futurisme n’est pas sans intérêt, un sujet (un cas?) d’étude intéressant… une belle matière à jouer de toute façon, et ce – tu m’excuseras, ou pas si tu veux – mais "Têtes rondes, têtes pointues" est vraiment une pièce de, comment dire, … de merde! (et rouge la merde, ici!). Mauvais texte, mise en situations… lourd lourd lourd…. suffit pas de s’appeler Brecht (je pense que c’est même pire que ses oeuvres der jeunesse, comme l’infâme "Baal" (Bertold donnant dans le romantisme… hélas, mille fois hélas… beuark!). Bref, bonne pièce pour les apprentis chanteurs-cabaretiers…
     
    Signé : nagroumpf la batte dans son front à l’individualiste bourgeois (dit aussi "demèdeux")…

  6. Patrick dit :

    Et puis, le "bonhomme" m’amuse, me fait rire… j’y peux rien, toujours cette pointe de cynisme. "La grande lessive" est aussi une perle, vraiment…grinçante, et visionnaire à souhait (je devrais la monter à Jamioulx, avec des ex-échevins…  doit y avoir un marché pour ça… Cariat, en Dirdécor…. oui oui oui…). 

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