Des mots de presque tout les jours : « Sommets ».

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5 août 2007 par L'Ornitho

Avant tout, une petite mise au point, explication s’impose… A force d’avoir sous les yeux la correspondance, les oeuvres épistolaires de Zweig, Hesse, la famille Mann et consorts… Je me dis que moi aussi, toutes disproportions gardées, j’ai envie de passer ma correspondance à la postérité (qui n’est pas une boîte pour hommes lettrés!)… Ben oui! Et l’âge avançant qui sait ce qui peut m’arriver dans dix-vingt ans (bof, laisse venir…), un an (hého cool hein, on est pas si pressé!), ou demain (- p’tain ça urge’, va m’lacher lui l’encapé avec sa cuillère – un peu de rab’ pliiize)… bref je reporte mes rêves et désirs d’immortalité sur ce blog… en partie, du moins… Paceke ouias qu’j’réclame ma part d’infini, ke ouais! Et puis je n’ai pas – comment dire..? – J’ai pas la stature pédante d’un Docteur Faust, par exemple, pour disons prétendre à des dispositions contractuantes expéditives avec hypothèque sur le futur de mon présent… et puis je sens que le marché est pas « exact » dans mes marques – en plus marche pas franchement à l’eau claire l’acheteur, pas net l’entremetteur de mes deux (j’ai dit ouste, bête puante et gluante – non mais, clochard de l’Eden… Hein? La Madeleine!? Quoi « la Madeleine »… non je ferai pas « la Madeleine »*, t’as rien de mieux comme truc en troc? Et restez poli… Par ailleurs rangez moi par-devers cette par-devant sournoise queue d’un très mauvais genre…).

J’ajouterai aussi, godferdome, que j’ai écrit ce billet hier, et que le « live.com » était une « death.link » et qu’on me refusait, d’une manière « obtuse » – ah si! – le droit à l’intemporalité dont je suis si gourmand, et quoiqu’on en dise, à laquelle j’ai droit (j’ai dit!)… Le résultat du travail d’environ 2 heures (mais si!) était « refusé à la publication » (s’enregistrait pas, malgré toute absence de mots ou d’expressions crues, ou grasses…). Donc je recommence, pas sûr de retrouver tout l’humour (si!) de la nuit dernière (entre 23 et 01h du mat, par là)… Où qu’il est le ‘Fiston, t’es où… ah te r’voila…donc tu proposais… en échange de… oui oui mais non non… signer quoi… ce torchon… que Diable!

Tout cela est évidemment sans prétention artistique profonde, juste une forme de quotidien des mots – un hommage au cours du temps humain…

Alors, aujourd’hui (hier! rontudju), des extraits d’une lettre de 10 pages, envoyée à F. – abeille – ; et construite en 2 chapitres – page 1 à 4, première partie : « La chute – Mine », et en seconde partie, page 4 à 10 : « Sommets – Yours ». Elle est datée du 05 juillet 2001. Je sens que c’est pas toujours léger léger, mais j’assume – pas de censure dans les « creux » ou les « boursouflures » de style.

 Charleroi (Jumet)

Soir d’orage – 5 juillet 2001 (et il ne pleut pas!)

Très chère F.,

Chapitre un : La chute – mine. (p1-4)

Hopplop le retour du n’affreux, un Na Freux pas fier, pas glorieux… Ou plutôt le retour de Patrick, simplement. Simplement? Faut voir!. Pas encore en grande forme, plus trop hors de ses godasses non plus!

Je viens de relire toutes les lettres que tu m’as envoyées, ça m’a fort ému. Elles sont si touchantes, si fragiles parfois – si pleines d’une forme de tendresse enthousiaste mélée d’une tristesse révoltée! Ta première lettre date du 4 avril 1998, déjà! (…)

Octobre 1999 : le temps des grandes réussites, égoistes un peu trop…

Octobre 2000 : le temps du « premier échec » pas assumé, solitaire un peu trop …

(…) Que me reste-t-il de mes 20 ans? Deux trois souvenirs mentaux, psychiques, mais chics un peu quand même… (…) Pas très bien là, le schnock à théâtre, le louffe des planches, le sénile des scènes… rideau.(…)

Luciole cosmique devenue plus cosmique que luciole, si petite pourtant si présente… Brille sous d’autres astres aux astronautes pas très nets… perdu sans sa belle, n’affreux roule comme balle d’enfant sans enfants, comme chien sans maître… (…)

Mais, allez, ça va aller… lumières… « nous sommes du soleil » dit la chanson … « we love when we play » – « and we’ll receive all we venture to give »… hope for the future!

Point de chute

Mais pas point final.

Chapitre II : « Sommets » – yours – (p5-10)

Dis, non mais vous, presque 2 ans que c’est qu’on (que c’est con) c’est pas vu… D’accord ma vue baisse (j’ai de nouveau des lunettes, c’est fou ce que ça change le monde – bouh, pas beau le monde, les gens… enfin presque). (…)

Du bas d’mon trou j’te vois vers les sommets, p’tit soleil pour qui sait y voir, encore! Oh, oui, j’espère que tu remontes la pente – qui n’a pas la même inclinaison que la mienne – si piègeuse et filandreuse… Mais les choses que j’ai pu te dire, t’écrire par le passé, restent d’application et je tente de les appliquer pour moi, aussi!

« Yours » les pensées difficiles mais amicales, enchantées, qui s’envolent vers vous, petit bout de femme de 20 ans plus vue depuis 2 ans (on s’est peut-être – sans doute – croisés, mais si peu).

« Yours » le courage qui me fait défaut (si c’est toi qui l’a, c’est tant mieux).

« Yours » les insolences d’un regard qui sourit des maladresses du pitre de service (mais toujours à votre service).

« Yours » les choses plus dites, plus écrites mais qui existent même si mes cendres un peu froides d’avoir eu si chaud (« Hein! Quoi! Comprends plus rien à ce qui dit lui… c’est mieux quand il m’écrit pas… espèce de malade va! »).

« Yours » le galop du facteur (hue) qui avance à coups de chausses dans le train pour te porter cette lettre pas bidon pour que tu t' »bidonnes » un peu j’espère.

« Yours », ces quelques phrases, reprises de tes lettres

Parce que touchantes, toujours d’actualité j’espère

Parce que tellement vous Mademoiselle

Tellement F. quoi!. (…)

22/5/98 : (Flo) « Un grand MERCI pour ta super lettre! Une lettre qui renferme beauté, amour, humour et rêves… C’est une lettre touchante. Encore merci, merci et merci! ». (…) A la fin, entre parenthèses : « Chaque être au fond de soi renferme des trésors cachés! ».

Et oui… attention aux pirates – à certains pirates, aux mercenaires mangeurs d’or! (…) les planquer, par exemple, derrière un sourire, un silence, un clin d’oeil, un « chut » soufflé du coeur, derrière un battement de coeur, sous l’aile nacrée d’un papillon, dans la coquille d’un escargot qui ne louche pas, sous la mer où qui y a des soleils qui lument à l’envers etc… A prêter, aussi, à de gentils marins d’eau douce un peu « bord de mer » dans leur tête, leur coeur…

(…) Ne me ferme pas la porte non plus, y a qu’une porte, elle est à double sens… Pour toi, pour moi… On saute et hop chez vous et hop chez moi…

Voila! J’espère ton retour à une meilleure « forme », et qu’aussi cette lettre te fera plaisir… Elle est sans doute maladroite mais elle « revient de loin », et exprès pour vous Madame! (…) C’est vrai je t’ai un peu (trop) abandonnée – j’étais moi-même égaré parfois (et parfois aussi j’ai connu des moments de grâce et de réussite…). J’espère ne pas commettre une erreur qui te blesserait!.

PATRICK – Bisous amicaux, tout plein…

PS ; tu noteras que revient souvent le verbe « espérer ». C’est un bon début ; non? A bientôt.

Bon ben voila… un peu pénible… certes, mais je m’en tape quelque part (juste là, oui, là!). NA!. Mardi, une lettre reçue, en 1989, par Yannick-le-footbaliste… héhéhé, assez drôle… Marc?..

IMGP6779

* « La Madeleine« , marche folklorique en costumes napoléoniens (et autres…), qui se déroule en Juillet entre Jumet et Thiméon (région de Charleroi, province de Hainaut, Belgique). « Tradition » vieille maintenant de plus de 600 ans, très prisée localement. Une des marches de l’entre Sambre et Meuse.

4 réflexions sur “Des mots de presque tout les jours : « Sommets ».

  1. Patrick dit :

    Bon ben, évidemment… c’est moins drôle, naturel et instinctif que le premier jet… moins de "jubilatoire enthousiasme" à déconner entre les lignes (pas sur la lettre)… moins de cette dérisoire mais nécessaire auto-dérision "ornithorynque"…

  2. Longlostgoodbyestrangerinzenaille-te dit :

    Ouais, Patoche tout craché… C’est aussi pour ça qu’on t’aime, gros bêta!!! La Madeleine… 600ans de marche en costumes napoléoniens???? Serions-nous enfin au XXVe siècle? Quoi que je défende tout forme de culture, tu me sais ne pas être folkloriste (péjoratif) mais, sans nationalisme rance aucun, je crois important qu’une communauté donnée puisse connaître ses traditions, ne serait-ce que pour mieux les partager… N’est-ce donc que la beuverie provinciale et arrièrée que les beaux esprits veulent nous présenter?! Pendant six siècles ?! (tu parles d’une guindaille) On a les Madeleines (de Prost, pour toi grand amateur de F1) qu’on mérite, je suppose… PS(mais non, pas parti socialiste, voyons!): une lettre reçue par Yannick en ’89 et qui me concerne…?! J’ai peur d’entrevoir la platitude (et rien de brelien là-dedant!)… Il va de soi que si ladite correspondance m’implique au delà du raisonnable, je serai en devoir de te convoquer à l’aube sur le champ… Le fleuret faisant efféminé, et bien que pouvant me considérer l’offensé, je te laisserai le choix entre la tarte à la crème, le sabre, le tranchoir à deux mains et la bombe H… Fi, Monsieur!

  3. Patrick dit :

     Mais j’aime bien la Madeleine, sérieusement ; c’est comique, humain… napoléonien, ou autre ai-je écrit… c’est vrai que les costumes du 15, ou du 16è siècle on les voit pas vraiment… et puis, c’est là que j’ai pu voir Carlos, sous "kiosque" en concert… et d’autres… rien que pour cela cela vaut le détour ; non plus sérieux – j’adore aller y boire un verre avec des ami(e)s… puis j’ai fait le taxi de nuit "pendant"… une source pour un homme de théâtre, inépuisable, ou presque (parfois ça dégueule…).
     
    PS : No stress pour la lettre de Yan’ (vacances hollandaises…), elle est assez drôle en fait, vraiment étonnant… t puis le "mythe" du genou dans le dos sous la tente en Suisse en prend un coup… Mais tu censureras si nécessaire (rien de particulier en fait…)

  4. Patrick dit :

    Mais je préfère la Madeleine, de Faust… le monterai un jour "Faust"… encore un bidule "bien à ma taille"…. 

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