Vous avez écrit « Théâtre », 1 : Stanislavski, Brecht

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6 août 2007 par L'Ornitho

En ornithorynque averti, puisque les lundi c’est jour de « fermeture » dans le secteur culturel (particulièrement à Sion, où ils sont particulièrement « monday-maniaques » – ou alors il s’agit d’une attaque dont nous sommes, nous touristes en « volonté » de Culture, la cible…), j’ai décidé de lancer la chronique « théâtre, vous avez écrit théâtre », fi donc, et na!.
Bref, le lundi – mais aussi chaque mercredi et jeudi, sera ici culturel (et toc), et dédié au théâtre, ses penseurs-théoriciens-praticiens (t’es sûr que c’est le bon plan pour un lendemain de week-end?). Des textes sur le théâtre et sa pratique en somme, que je soumettrai en fonctions de mes humeurs, questions du moment… Cela ne signifiera pas que je partage forcément le propos soumis à la lecture, mais que ça se pose à la réflexion générale sur ce « qu’est » le théâtre, sa pratique ou son développement esthétique et intellectuel. Il pourra s’agir du comédien, du lieu, de la dramaturgie ou du metteur en scène. Donc, c’est bon pour l’hygiène mentale, la gymnastique de la pensée, aussi… Et quelque soit votre pratique du théâtre, une manière de se positionner… quelques « comédiens » amateurs – la plupart – qui « jouent au comédien », et donc ne sont pas au service de l’art théâtral et de la représentation, pourront y trouver (s’ils sont capables d’un peu de hauteur, j’en doute…) quelques « remèdes », quelques « leçons et réflexions » bienvenues à leurs égo (car ça ils n’en manquent généralement pas! – et selon une loi imparable tout les comédiens amateurs sont égo entre eux…) 
Pour démarrer, deux extraits, de Stanislavski et Brecht. C’est un minimum, je crois de commencer par eux, non?
Très généraliste aujourd’hui ; du comédien.
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 1 : Constantin Stanislavski (in « La formation de l’acteur ») – Chapitre 1.2 – Premier contact avec la scène. Et de l’importance d’être à l’heure… et du cérémonial du théâtre.
« Quand je suis arrivé au théâtre, tout le monde m’attendait dans la salle de répétition. J’ai lancé négligemment « je crois que je suis un peu en retard ». Rakhmanov, l’assistant, avec un air de reproche me dit : « Nous vous avons assez attendu! (…) Nous sommes arrivés ici plein d’enthousiasme, prêts à commencer, et maintenant, grâce à vous personne n’a plus envie de travailler. Il n’est pas facile d’éveiller en soi le désir de créer, mais il en faut bien peu pour le faire disparaître. Votre propre travail dépend de vous seul, mais vous n’avez pas le droit de retarder celui de vos camarades. L’acteur, tout comme le soldat, doit se soumettre à une discipline de fer ».
Malgré mes excuses, Rakhmanov refusa de commencer, prétendant que la première répétition devait être un événement dans la vie d’un acteur, et qu’on devait en garder la meilleure impression possible. Aujourd’hui j’avais tout gâché par ma négligence ».
Ben ouais… Je vous ai dit ma haine du « comédien amateur* »?..
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2 : Bertolt Brecht, vers 1935 (in « Sur le métier de comédien » – Ecrits sur le théâtre 1) – Chapitre 1.1 – « L’art dramatique ». Et du spectateur, aussi…
« D’ordinaire, l’art dramatique n’est pas enseigné dans les livres, et pas d’avantage l’art du spectateur, dont on ignore même d’ailleurs qu’il est un art. Évoque t-on ce dernier, on s’attire la réponse : « Faut-il que vos comédiens soient mauvais pour que chez eux on tienne pour un art d’être ému par eux! ». On pense que plus l’art dramatique est grand, moins on a besoin de l’art du spectateur. Et s’il est déjà invraisemblable que l’on puisse apprendre dans un livre comment émouvoir les hommes, y apprendre comment être ému paraît encore bien plus impossible. Or le présent opuscule est rédigé à la fois à l’intention des comédiens et des spectateurs ».
Ben ouais, bis… chez les zamateurs (nous les appellerons désormais ainsi – zamateurs), y a souvent plus d’art dans la salle, et il arrive souvent que le public soit meilleur (il sait quand sortir, par ex.)… « Je vous ai dit ma haine du « théâtre amateur »**? »
J’ajouterai que beaucoup « opposent » les conceptions stanislavskiennes et brechtiennes du théâtre : c’est loin d’être aussi simpliste, comme rapport. Voila c’est tout pour aujourd’hui.
Ref : « La formation de l’acteur » de Constantin Stanislavski ; Ed. Petite Bibliothèque Payot n° P42 (20€)
Ref : « Écrits sur le théâtre 1 » de Bertolt Brecht ; Editions L’Arche – min. 30€
* : du comédien amateur, je dirais que les 2 termes sont antinomiques… on ne peut être à la fois « comédien » et « amateur »… donc mon « humour-haine » est à l’encontre de l’amateur (à mort! sus au gueux!)… Amateur qui joue au comédien, et donc ne « rend » pas le théâtre qu’il s’approprie à titre individuel. Notez qu’il existe pour moi la notion de « théâtre non-professionnel », où seule la dimension financière diffère (salaires, budget, équipement!) – et encore ; pas la qualité du travail. Il existe d’excellents non-professionnels (individus et compagnies).
** : du théâtre amateur, pour compléter le point « comédien amateur », est qu’il ne faut pas confondre amateurisme au théâtre (ce qui en soi devrait être un acte impossible – ils y arrivent, fou non!?!) avec théâtre non-professionnel… la limite est très subtile, et mouvante je vous l’accorde, mais ça fait toute la différence entre « faire du théâtre » et « jouer au théâtre » (l’amateur serait-il le roi de la distanciation… help!!!).
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Une réflexion sur “Vous avez écrit « Théâtre », 1 : Stanislavski, Brecht

  1. Patrick dit :

    Je disais la limite est subtile, mouvante… Pourquoi faut-il donc toujours que l’Art, qui vient "d’en Haut" soit tiré vers le bas… L’Art doit rester "mirage", une oasis à atteindre. Où est-ce la médiocrité qui s’élève au rang d’Art, par "capilarité".  Ajoutons pour tenter d’être complet sur ce point, que pas mal de professionnels font aussi parfois preuve d’un amateurisme déplacé, qu’ils suspendent à des hauteurs "indues"… L’art véritable ne vous retombe jamais sur la gueule, il plâne tel le condor (faut-il qu’il aie la même sale gueule? – oui da!) et survole les esprits avec … avec hauteur, et non sans une certaine forme d’impudeur et de mépris aussi, contrairement au "non-art*" amateuriste, qui selon la loi suivante : what goes up must come down! ; vous retombe, un jour ou (et?) l’autre sur la tronche, et s’il plâne c’est tel "pigeon qui chie"…
     
    Ca nous ramène à cet art particulier du spectateur : s’élever.
     
    * et ce n’est pas ici un concept, c’est une "certitude de faire", rien à voir, par exemple avec l’art brut.

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