Vous avez écrit Théâtre : semaine Müller, La Déplacée

Allez, l’article d’hier me donne des envies, des idées – « La Déplacée » est vraiment une pièce exceptionelle, que je découvre (c’est génial on en apprend tout les jours!), et puis Muller c’est tellement drole, et grinçant à vous décalquer le dentier… L’humour dans Müller, tous ne le voit pas, mais c’est la première chose que j’y vois à chaque lecture, chaque texte (et pour l’avoir pratiqué, en études, aussi!).
Je vous livrerai, connexion toujours en rade je réduit le « format » des billets, mais ne renonce pas à leur écriture… Bref, quelques tableaux courts ou extraits qui me marquent, dans l’ordre chronologique du texte. Aujourd’hui, le « tableau 4 » :
4 : Chambre – Niet (elle). Fondrak (lui).
NIET : Fondrak, plus rien ne me va, combien de temps encore à subir les quolibets?
Sous la prunelle la nuit
J’étais assez bonne pour toi, pour la vie, et belle aussi.
Avec une bouche rouge cerise et une poitrine de comtesse.
FONDRAK : C’était la pleine lune, maintenant je suis sans travail.
La poitrine n’est plus ce qu’elle était
Elle ne le sera plus jamais, les bonzes ici nous
Rafflent la viande, et maintenant en plus pousse en toi un bouffeur.
Il lui prend le lard des mains et le mange.
Si tes seins s’affaissent, il y a la mousse plastique, on en trouve chez l’américain. C’est dans les magazines que le jeune Senkpiel a rapportés de Berlin, il y fait le trafic des porcelets. Va chercher de la bière.
Voila, et vous noterez la forme versifiée du début, et l’usage de la prose pour le final. Pourquoi? Facile (enfin je crois – non, je suis sûr, et ce serait une volonté liée à la dramaturgie si je devais le monter ; c’est lié au rapport public). Disons pour faire court que la dernière partie s’adresse à tout le public, et fort probablement aussi aux « dames » du public ; mais aussi a donner les clés d’avancement du récit au public (rapport à Senkpiel, dont le public sait maintenant qu’il est jeune et trafique les porcelets à Berlin… »). Va chercher la bière » ramènes à Niet, et clos « techniquement » la scène : technique d’écriture, c’est tout! – au même titre que lui prendre le lard détache Fondrak de Niet pour « permuter » le rapport public, l’adresse de la parole.
Je reviendrai sur les persos etc… en temps voulu, par moi.
Bonus : de la drôlerie chez Müller (extrait d’un entretien au journal Der Spiegel, en 1983) :
 JOURNALISTE – Vous êtes un homme si drôle : pourquoi n’écrivez-vous que des choses sinistres? (haha ndlr!).
  H. MÜLLER – En fait, je trouve presque toutes mes pièces plutôt comiques. Je suis toujours étonné qu’on remarque si peu cette drôlerie et qu’elle soit si peu utilisée dans les spectacles. J’ai même écrit une vraie comédie, La Dépalcée. C4est peut-être parce qu’elle a été terriblement prise au sérieux et qu’elle a conduit à mon exclusion de l’Union des écrivains que j’ai été obligé ensuite de me cacher derrière un masque si sévère.
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