Vous avez écrit théâtre : semaine Müller, « la déplacée »

Semaine Müller, enfin… presque, si on veut ; allez, un deuxième extrait, fin du tableau 9 : Fondrak – Niet (la déplacée). Rappel c’est en RDA.
Prairie – Nuit :
Fondrak : « La lune est plus grosse, toi aussi. Il tient la femme dans ses bras et boit la bière dans son dos. Pas la bière hélas. Quatre ans de paix et toujours pas douze degrés. La femme se dégage. De quoi déclarer une guerre. AS-tu beaucoup sous ta robe? Possible que l’herbe entre nous devienne subitement une frontière d’Etat, on a déjà vu en des chevaux vêler par politique, sans faire un pas tu es en Russie, moi en Amérique, faire des enfants sur la frontière, c’est de l’exportation, c’est défendu, l’importation est punie aussi. Il suffit que je te touche le sein et déjà ça mitraille. Il s’assied. Possible que le coup m’atteigne avant que je me relève. Ou me frappe un morceau d’étoile qui a explosé il y a trois mille ans, et te frappe aussi. Ou le sol, piétiné depuis Adam, usé par bétail et voiture, par les bombes depuis peu, se déchire, pourquoi tiendrait-il le coup, rien ne tient éternellement, un trou conduit au suivant, nous prenons la sortie comme le vieux Grec qui a sauté dans le cratère parce que plus aucune bière ne lui plaisait, j’ai oublié son nom. Ou la pesanteur s’arrête, toute cette étoile de merde dérape, nous montons au ciel direct sans faire le détour par les vers. Possible que l’étoile en atteigne une autre, Flint par exemple, qui me passe une ferme au cou, ou Krüger, cette sangsue, qui vit de ma soif. Possible que la pesanteur ne s’arrêtes pas, que le sol tienne le coup encore un bout de temps, pourquoi devrait-il se déchirer s’il a tenu aussi longtemps, mais combien de temps encore je vais tenir moi, mourir chez l’homme, c’est de naissance, le vers a le haut commandement : rassemble tes os, Fondrak, sors ta viande.
Etreinte. Un couple passe.
Tout ce qui vient s’en va, Hitler, douze ans il a
Duré et il s’en est allé lui aussi. Reste couchée.
S’il te faut saloper la journée, huit heures
De travail et pour d’autres, la nuit m’appartient.
Elle est assez courte et c’en est fini dés qu’il fait clair.
En Prusse on ne joue pas à saute-bouc en plein soleil.
Dans l’herbe il n’y a plus de place que pour trois seulement ».
Voili voilou, joli exercice d’adresse de la parole, et très beau texte aussi, sorte de lyrisme est-allemand (lol!). Et « santé ».

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