« Par les Villages » de Handke, les persos – I : Sophie (la soeur)

Plongé dans le coeur de la tourmente qu’est celle d’organiser les rencontres, les rdv avec les partenaires potentiels pressentis – et donc à convaincre, surtout – petite descente au coeur du récit, de ses personnages. Ouais, chaque jour, la présentation, intuitive, des différents personnages-protagonistes du récit "Par les Villages". L’axe? Celui du rapport à Gregor, l’intelectuel témoin-juge-accusateur-avocat de la défense (le Héros en somme, et non pas la bête de somme, héroïquement). Ce texte, dans son intégralité est d’une beauté sans nom…
 
Premièrement, Sophie (quelle couleur?), la soeur cadette vendeuse, qui postule à devenir patronne… Elle d’abord, car je n’ai jamais eu de soeur, ni cadette ni ainée… et que je suis à ce sujet un poil mélancolique… mais c’est – presque – une autre histoire. Hop, Sophie :
 
"Sophie devant le rideau. Gregor arrive.
 
Sais-tu que jadis j’étais amoureuse de toi? Je ne t’aimais pas comme un frère, quand tu arrivais, j’étais émue comme si tu étais l’Unique. Tu étais celui dont j’avais besoin, en qui je pouvais croire. En ce temps-là, j’imitais ton écriture et même je recopiais tes dessins. A chaque retour tu arrivais en tyran et les autres avaient peur de toi. Moi seule je faisais semblant de na pas te voir, de ne pas entendre tes lubies de dominateur ; je les comprenais et tu m’en étais reconnaissant. Devant toi j’avais honte de mes premiers amis et je t’en parlais comme si c’étaient des enfants. Autrefois, dés que les parents étaient partis, tu t’érigeais en seigneur et maître, tu prétendais être responsable de nous. Rt plus tard je sentais que tu voulais me voir sans passions, l’âme tranquille, contente de mon sort et jusqu’à la fin occupée des chères petites choses comme une gentille petite soeur. Je t’ai caché mes désirs et mes buts et en même temps j’avais le sentiment que je te trompais et j’ai cessé d’être amoureuse de toi : ton image ne tremble plus en moi, te voir ne me donne plus chaud aux yeux ; oui, maintenant j’ai un but. C’est un rêve vrai, et un tel rêve a un sens – montre-le-moi celui qui prétend avoir atteint la sagesse et le renoncement et moi je te montrerai le champion des faux prétextes. Chaque rêve qu’on réalise pour soi en aide beaucoup d’autres. Donc, prends ta soeur au sérieux et aide-la à créer un domaine à elle – moi aussi j’ai le droit. La plus petite boutique est un centre, elle pourrait rayonner d’une aimable lumière – et même un jour pour toi peut-être? Je te le dis : entrer dans une pièce et se sentir son propre maître, ça c’est beau! Et toi, n’as tu pas cessé de nous reprocher à nous, ton frère et ta soeur : "Ce qui manque dans votre vie c’est la résolution?".
 
  Au moins, faute de sister,  j’échappe au "Ton image ne tremble plus en moi"… venant de n’importe qu’elle autre, je partirais de mon grand rire. Mon rire d’Adrian. D’Adrian Leverkühn, ni plus ni moins, d’humour cynisme et méchanceté.
 
Demain, Hans, frère cadet…
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2 réflexions sur “« Par les Villages » de Handke, les persos – I : Sophie (la soeur)

  1. Adrian Leverkühn, encore un rôle "à ma taille"… Protagoniste central de "Docteur Faustus", de Thomas Mann (oeuvre qui, à mon sens doit beaucoup au "Méphisto" de Klaus Mann (sûr!), au moins autant qu’à Goethe…).

  2. Précisons tout de même que je considère "Le Docteur Faustus" de Thomas Mann comme une oeuvre remarquable, tant sur la forme que sur le fond ; qu’elle n’est pas autre chose – au fond! – qu’une des oeuvres importantes du 20è siècle…

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