A few words from Stefan Zweig : Journaux – 14/04/1915

Hop, on avance dans la semaine Zweig, et on « rembobine » le schmilblick – ou plus exactement un extraits de ces carnets, journaux. Présentement celui intitulé :
« JOURNAL DE L’ANNEE DE GUERRE 1914
A partir du jour de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la Russie 
30 juillet 1914 – 30 avril 1915.
Petite chronique viennoise du mercredi 14 avril 1915, et la réflexion sur la bourgeoisie et le peuple face au manque de pain. Comme quoi les symptômes ne changent pas, et ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Mais pourquoi faut-il donc que le peuple attendent toujours d’avoir faim (pas juste un petit creux – s’ils ont faim eh bien qu’ils mangent dit la bourgeoisie!) pour se révolter, se défaire des pouvoirs castrateurs, affameurs. Je trouve Stez assez lucide sur la réalité selon les milieux.

Mercredi 14. J’ai oublié de noter : depuis trois jours, nous avons à Vienne des cartes de pain ; dans nos milieux, les gens protestent, par paresse et nonchalance. Dans le bas peuple, il y a paraît-il une forme de révolte. On parle de boulangeries prises d’assaut. Nous autres, en effet, qui mangeons de la viande et des légumes, cela ne nous prive pas, mais ceux qui se nourrissent de lard et de saucisse s’en rendent compte. A cela s’ajoute l’enchérissement épouvantable de la vie. La viande devient une denrée précieuse, tous les produits d’alimentation ont augmentés : impossible d’en voir la fin. Je crains que le mécontentement ne prennent des proportions terribles par suite de ces phénomènes palpables. A présent, oui, chacun ressent la guerre, jusqu’alors certains pouvaient l’oublier. Mais voila que sa griffe pénètre dans chaque maison, à tout instant on sent sa meurtrissure. Le soir, Viertel et Wildgans, bonnes conversations ».

C’est valable aussi avec « la crise », cette guerre voulue par l’économie et la spéculation. Les « bourgeois » n’ont AUCUNE réelle idée, s’ils n’ont du moins pas connus la guerre, de ce qu’est avoir faim, vraiment faim. Il m’est trop souvent arrivé d’avoir bien plus que « la dalle » ; c’est de toutes choses « humaines » la plus terrible des douleurs physiques, je pense. Heureusement que je peux me nourrir de ma « faim de théâtre » – pas toujours rassasiée… Souvent l’une provoque l’autre. Et quand « onem on ne bouffe pas »…
stefan-zweig
Ref : Stefan Zweig – Journaux 1912-1940″ aux Editions Belfond – +/- 25€
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2 réflexions sur “A few words from Stefan Zweig : Journaux – 14/04/1915

  1. Coucou Patrick,
    j’espère que tu vas bien.
    J’ai bien reçu ton message pour Nuits avec ombre : je saurai te dire quoi courrant de semaine.
    Si je sais, ce sera bien évidemment avec plaisir.
    Je sais que je ne laisse pas beaucoup de messages mais je suis assidument ton blog et espère pouvoir le lire encore bien longtemps.
    A très bientôt
    Fabien

  2. Coucou Mr Fab! C’est terminé – nuit avec ombres – à Charleroi (depuis le …17), l’ai vu 2 fois : bien bien bien, très bien. Je pense qu’ils jouent ailleurs en Belgique te tiendrai au courant. Sinon suis dans les répétitions (Hôtel Europa – à suivre). Si ça te dit, on lance avec Alain le "Roberto Zucco" de Koltès, que je monte pour mes 20 ans de théâtre, en tant qu’ancien t’es le bienvenu sur … le plateau, ce serait très sympa.
     
    A bientôt.

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