Le déploiement du monde… Peter Handke

Quatre courts extraits tirés de trois oeuvres de Peter Handke – eh non, je n’ai pas renoncé à « Par les villages », re-re dossier en septembre…
 
Je n’ai pas le temps de trop développer (cyber mode… pas chez moi!) mais quatre « inscriptions » de l’écriture du regard déployé sur le monde, car toujours l’écriture de Handke exorte le regard à s’ouvrir, pour que l’être trouve de la « largeur dans le monde »… Je ne m’en lasse pas de cette écriture! Et tout passe, traverse par le monde, mais aussi la largeur d’évocation des mots ; mots traduits par le regard et « mots lieux » du réel qui deviennnent témoin de l’absence… hop, en route.
 
Premièrement, tiré de « L’absence« , récit (dont Handke lui-même a réalisé un film!) :
 
« J’ai peur de tous lers endroits nouveaux et de la répugnance pour tous les endroits anciens. Dans ceux que je connais m’attendent la saleté et la laideur, et, dans les endroits inconnus, l’abandon et la confusion, ceux de cette région inconnue et les miens en même temps. J’ai besoin de l’ici. Et c’est vrai : je ne me sens tout à fait chez moi qu’en route, mais alors, il me faut un endroit où je puisse devenir large ».
 
Secondement (sic), petite « peinture » arrachée à « Le recommencement » :
 
« Voila ce que c’est d’avoir voulu se débarrasser de sa propre histoire comme de la grande histoire et d’avoir voulu partir pour le pays de la simple géographie ».
 
Tertiotement (resic), de « l’absence« , dernière page – Mallarméen à mort, ndlr! :
 
« Et un vent se leva, comme venu de nous-mêmes, et qui passait par toute chose : le vent de la poésie, le vent de l’imagination, le vent de l’arrivée dans une toute autre absence ».
 
Fourtement (reresic), mots de cloture de « L’histoire du crayon » ; qui rendent réel la durée – en plus c’est poétiquement splendide, imparable! :
 
« Froid de l’hiver, portails ouverts ; c’est le dernier jour de l’année. Je vois un amour lointain sous une voûte de lumière et, une fois encore, j’aimerais vivre éternellement ».
 
« L’oeuvre de Handke appartient à celui qui la lit. Elle s’étend « de notre expérience la plus quotidiennement banale à une réalité contenue, cachée, mise au clair, en aucune sorte surréelle ou métaphysique, aussi physique que celle du premier regard » (in « Peter Handke », par G.-A. Goldschmidt – collection Les contemporains, au Seuil ; environ 12€).  
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2 réflexions sur “Le déploiement du monde… Peter Handke

  1. Oh vous avez tous trois un air de ressemblance… 🙂 Tiens cela me fait penser au sujet de mon mémoire de Philo : le poème de Parménide et l’interprétation de Martin Heidegger. Parménide d’Elée est un auteur grec présocratique dont on ne possède que des fragments sur la vérité de l’être. Heidegger situe celui-ci dans un espace de découverte que l’on ne peut toucher des yeux que d’un instant d’émerveillement, quand on laisse un champ de déploiement s’ouvrir dans le silence, l’accueil de la présence de l’étant. L’alètheia, cette présence abscence qui se dévoilent à nous, sans que nous n’ayons prise sur elle. C’est même le laisser-être, dans notre fâcheuse pregnance sur le monde, qui lui permet de se dérouler dans l’ad-venir. Le "venir là", en laissant faire, comme on s’extasie de la pureté d’un lys qui lentement expose ses pétales à notre regard. L’être qui laisser rôder sa présence à nos sens tel un parfum enivrant notre volonté de puissance, désormais muette, terrassée par l’imparable lumière du profond du monde.
     
    Merci de me rappeller le chant du monde, cher Ornithorynque. 🙂

  2. Que voila d’intéressants liens vraiment, Parménide et/via Heidegger. Sincèrement, des "traces" à explorer. Handke est un "maniaque" des poètes grecs (dans sa pièce "le voyage en pirogue ou le film sur la guerre" Handke se dissimule sous le personnage du "grec", entre autres…). Voila donc pour moi de la lecture et promis, je vous tiendrai au courant ; et ne peux que vous conseiller, ne fût-ce déjà que pour la poésie brute, hors du hors le monde, de "L’absence".
     
    Il y a sur ce blog quelques articles Handke – suffit de fouiller les archives théâtre et/ou "a few words from"
     
    "Par les villages" passe donc, un peu, par Verviers ce soir, alors. Merci Louisina.
     
    PS : que sont les escargots arbres et mésanges devenus… ooooohhhh zut…

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