La femme gauchère / histoire d’enfant ; Peter Handke

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4 décembre 2008 par L'Ornitho

Bon, allez, on essaie pour voir si ici – un billet, ça va encore le faire… grrr le nouveau « package »…
Comme annoncé, longtemps déjà ou pas loin, petits fragments de deux récits (le mot roman cadre très mal avec le type d’écriture de Handke!) ; d’une part « La femme gauchère », que j’ai beaucoup apprécié et, d’autre part, « Histoire d’enfant », moins dense et qui m’a moins touché, si ce n’est dans le rapport très particulier que celui d’un père, le narrateur du récit, à son enfant – Handke à son fils en fait. Plus exactement, l’écriture m’a moins séduit que le cadre du récit, très simple et direct. Voila!
Rendre le regard au travers des mots, voila la magie de l’écriture handkienne!
XY240 Fragments de « La femme gauchère » (1976)
Folio n° 1192 ; +/- 6€.
« Elle marchait en plein jour sur une route droite dans un paysage gelé, plat, sans arbres. Elle continuait toujours tout droit. Elle marchait encore ainsi lorsque l’obscurité vint ». – voila en une phrase pourquoi j’aime l’écriture de Handke!!! Expliquer? Non!.
« Pendant la nuit, debout à côté de la machine à écrire, elle lut ce qu’elle avait écrit : « Et personne ne vous aide? demanda le visiteur. – Non, répondit-elle. L’homme dont je rêve sera celui qui aime en moi la femme qui ne dépend plus de lui. – Et qu’aimerez-vous en lui? – Cette sorte-là d’amour ». Elle haussa encore les épaules.
 
Plus loin, encore – moi ça me fusille cette écriture! Pouvoir d’évocation des mots, par les mots…
Elle sortit avec d’autres d’une
Bouche de métro
Elle mangea avec d’autres dans un libre service
Elle attendit avec d’autres dans une laverie automatique
Mais une fois je l’ai vue toute seule
Devant un kiosque à journaux
Elle sortit avec d’autres de l’immeuble de bureaux
Elle se pressa avec d’autres contre un étal du marché
Elle se trouva assise avec d’autres autour d’un tas de sable
Mais une fois je la vis par une fenêtre jouer toute seule aux échecs
Elle s’étendit avec d’autres sur du gazon de parc
Elle rit avec d’autres devant les miroirs déformants
Elle poussa des cris avec d’autres sur le grand huit
Et puis je ne la vis passer seule que dans mes rêves
Mais aujourd’hui dans ma maison ouverte
L’écouteur du téléphone soudain dans l’autre sens
Le crayon à gauche à côté du bloc-notes
A côté de la tasse de thé avec l’anse à gauche,
A côté la pomme épluchée dans l’autre sens
(pas épluchée jusqu’à la fin)
Les rideaux ouverts par la gauche
Et les clés de la maison dans la poche gauche
Tu t’es trahie, gauchère!
Ou voulais-tu me faire un signe?
J’aimerais te voir DANS UN CONTINENT INCONNU
Car je t’y verrai seule enfin parmi
                      mille autres
Et tu me verras MOI entre mille autres
Et nous irons enfin l’un à la rencontre de l’autre
Handke-Peter-Histoire-D-enfant-Livre-337742_MLEnsuite, pour terminer, petit passage « wouah » de histoire d’enfant (1981)
Folio n° 2112 – +/- 6€.
« Devant, pour un instant encore, serpente le fleuve étranger dont le scintillement s’étend au-delà de toutes les frontières possibles. C’est seulement dans la contrition d’une défaillance ou d’une faute où, magnétiques, les yeux s’ouvrent que ma vie s’amplifie jusqu’à l’épique.
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