« S’asseoir une heure avec Gérard » – par Sophie Boyens (c)

Une fois n’est pas coutume, un billet non rédigé par votre serviteur! Mais un billet écrit par mon amie Sophie et publié sur son Facebook.
So’ avec qui j’ai partagé les bancs (lol!) de l’INSAS, liégeoise d’origine et qui vît et travaille maintenant à Paris.
Les motivations à vous proposer son billet? Il y en a plusieurs : intérêt pour ce dont elle parle bien sûr – un rencontre avec Gérard Depardieu ; mais aussi la qualité de son écriture – on a l’impression d’y être avec elle et l’art du « compte rendu » n’est pas simple,  la singularité de son imaginaire.
gerard-depardieuUn beau portrait de Gérard Depardieu, puisque c’est de lui qu’il s’agit.
Tellement chouette que j’avais envie de le partager. Billet reproduit avec son accord – merci So’! C’est parti. Et j’aime aussi beaucoup Depardieu, qui me fait de plus en plus penser à un ogre…
S’asseoir une heure avec Gérard :
Lâchez tout ce que vous faites et asseyez-vous une heure avec Gérard Depardieu.Le 24 mai dernier, le géant acceptait l’invitation du Forum des Images de Paris à venir s’asseoir pour parler, comme son Bellamy Chabrol l’avait fait 3 mois plus tôt. La « Master Class », animée par Pascal Mérigeau, est filmée et retransmise dans son intégralité sur le site du Forum.

Prenez une heure…et (re)tombez amoureux. De ses grands signes niais pour saluer l’audience à son air faussement affecté pour clôturer rapidement l’interview, l’acteur nous offre (malgré lui?) une performance jouissive de naturel.

L’homme qui « n’en à rien à foutre du cinéma » est épatant. Empli de générosité, il met lui-même le feu à une diarrhée verbale, à peine canalisée par son interlocuteur. Loin des grandes philosophies sur le 7ème Art, Gégé soulève un coin du voile et nous cède le passage.

C’est l’anecdote qui prime, révélant sur les protagonistes et sur le cinéma bien plus que n’importe quelle théorie. Truffaut, Pialat, Blier, Chabrol, les plus grands grands y passent…et pas toujours pour leur bon plaisir! Mais c’est de bonne foi car le colosse aux pieds d’argile ne ferait pas de mal à une mouche. Pour se faire comprendre, il brandit ses grandes paluches inoffensives et…oh!…fait semblant de découvrir le sparadrap au bout de son index! Une montagne de douceur, je vous dis!

Quand Gérard s’avance sur le douloureux sujet des « handicapés de la focale », on sourit. Quand il explique qu’un bon producteur base son pouvoir sur son haleine, on pouffe. Quand il revit ses plus grands moments de théâtre, on pleure de rire.

Et puisqu’il nous laisse « prendre ce qu’on veut de lui », alors je garderai ce conseil inavoué: jouer, c’est d’abord ignorer et comprendre ensuite.

Mais voilà déjà que le colosse regarde sa montre et annonce, sans chichis, qu’il a rempli son contrat. Clôture, simulant une mine grave. Se lève, sourit. Et agite les bras, en s’en allant, comme un gamin heureux de nous dire au revoir.

Qui a dit que ça sentait le sapin?

http://www.forumdesimages.net/fdi/L-Academie/Les-Master-class-en-videoPS: Le Forum des Images, ça ne se regarde pas uniquement sur internet, ça se vit, en direct et sans modération!

Voili voilou! Que du bonheur ; et ça lui ressemble tellement!
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6 réflexions sur “« S’asseoir une heure avec Gérard » – par Sophie Boyens (c)

  1. Très chouettes ces "Master Class" en vidéo!!! Tout à fait d’accord avec Sophie et Depardieu (of course!) sur "jouer, c’est d’abord ignorer et comprendre ensuite".A vouloir être trop malin "tout de suite" on se casse les dents… Mais il y en a de pires; ceux qui ne veulent ni ignorer, ni comprendre… Zucco vous avez dit Zucco…

  2. Youpee ! Je l’aime ce grand bonhomme, un des plus grands cabotins "naturels" (si on peut oser ce paradoxe)du french cinema,.Un ogre ? plutôt un colosse qui excelle dans l’excès………………..

  3. Cabotin dans la vie sans doute ; à l’écran ou sur scène beaucoup moins – même dans l’innomable Astérix (même ma filleule Alice de 5 ans et son frère Antoine de 7 se sont ennuyés…) il tient sa place "honorablement", ne cherche pas à "en rajouter" (cfr les humoristes ses "partenaires")… Idem pour Delon, qui ne sent pas obligé d’en faire des tonnes (des tonnes, ils en gagnent) pour exister à la caméra…Il a joué du Handke au théâtre, c’est déjà une référence… zéro place pour le cabotinage ; formé à bonne école!!!Exceller dans l’excès : une forme d’art.

  4. J’appréciais dans les années 70 et 80, ensuite j’ai commencé à trouver qu’il jouait du Depardieu. Mais de temps en temps, je me prends à le re-aimer ;o))

  5. Ouais! assez d’accord avec le diagnostic historique. Il ya les périodes où on sent qu’il s’amuse et celles où il est plus à l’affiche qu’à l’écran faute de plaisir. Il vient tjs un moment critique où on se contente de faire ce qu’on sait faire… On ne s’en rend pas forcément compte par ailleurs. (Re)découvrir et remise en question permanente obligatoires…

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