Les oubliés de l’histoire (4) : Eulalie Lalère (847-872) ou « c’est à la lumière du trou qu’on voit le feu au cul »

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30 juillet 2009 par L'Ornitho

L’homme est un rustre. Je l’affirme! De toutes époques il a couvert de son ombre poilue ce que le doux drap pudique de l’histoire, négligemment entrouvert, laissait entrevoir des femmes dans l’histoire…Certes il y eût bien Jeanne d’Arc, pucelle en son centre, dont chacun a ouï-dire et qui ne fît que feu de paille dans cet infernal bûcher du passé, où l’homme fait feu de tous bois et où Dieu tient sournoisement les allumettes.
C’est donc à une véritable percée historique, quasi héroïque, qu’il a fallu procéder pour exhumer du grand cendrier des temps Eulalie Lalère, fermière normande oubliée de tous et des siens par dessus le marché qui, outre qu’elle inventa le trou normand à titre digestif pour touristes, est l’inventrice de l’oubliette à titre de grosse pièce bien que de petite taille en règle générale.

Avant de s’enfoncer par le détail dans cette peu superficielle page féminine de l’histoire, un minimum de vocabulaire est nécessaire vu la rhétorique d’époque.

Les prérequis sémantiques :

L’expression « Monter son caval » (un caval – des caveaux) signifie « descendre faire son trou » ; et par proximité ce qu’on appelle un « homme cavalier » n’est en ces temps reculés qu’un « gardien de trou », profession du palpable que l’on ne retrouve plus guère aujourd’hui qu’au FMI – et qu’il ne faut surtout pas confondre avec le garde Suisse qui lui est un bouche-trou papal.

Exemple : « Holà cavalier éclaire moi ce caval humide de ta torche toute suintante que je pusse m’y perdre » (Citation in « Qui m’aime me suif », véritable brûlot probablement de la main baladeuse du Duc de Saint-Cire et datée de 856 ).

Ensuite, « Une Tartouffe » est une femme Tartuffe (un Tartuffe – une Tartouffe).

Pour finir, « Lalou » est le diminutif britanisé de Eulalie par son briton de mari.

Voila! Pof pof.

eulalie lalèreEulallie Lalère donc, qu’ici je remets au jour, est l’inventrice oubliée de l’oubliette. Mais c’est aussi un peu sa faute car dés l’enfance on lui reconnaissait un goût certain pour l’isolement et le jeu de cache-cache qu’elle pratiquait pour épater la galerie et dont personne n’avait rien à foutre. Mais ce qui sourdait à l’enfance se mit à poindre l’adolescence venue au point de devenir une obsession maniaque : se faire faire son trou de normande, en douce, c’est à dire à l’anglaise, pour avancer dans l’existence.

Ce qu’elle fît crânement et sur le dos en l’an 863 en épousant un briton de bon ton tout fraîchement débarqué par sa mère et qui cherchait un refuge, joyeux de préférence. Et c’est donc sur une plage qu’il lui fît, caché des hommes et de Dieu, mais pas des vaches, bel et bien son affaire, comme on dit!

Et c’est là qu’il creusa aussi la tombe de sa bonne réputation, notre britaniqueur de la France de bord de mer. Car Harold Blihead, c’était son nom, gentilhomme canterburlesque peu porté à l’oubli et à la chose, deviendra pour la postérité le premier cocu anglais de France. Certes, l’Histoire en révèlera d’autres mais tout de même.

Dame Lalou Blihead (ex Damoiselle Eulalie Lalère), désormais, une fois la bague au doigt, elle pourtant si docile sur le ventre ou le dos, était une véritable harpie une fois posée sur ses pieds car l’idée de se faire faire sa place bien à elle ne l’avait pas quittée une fois passée en justes noces.

Et ce qui devait adviendre advint, le cocu époux monta sur ses grands chevaux et fît une descente et lui monta une tribune pour l’élever là où il comptait l’enfoncer. Car Harold Blihead, par ailleurs ami de l’Évêque de Trouville, fît un procès public et religieux à sa femme adultère atterrée de tant de sainteté qu’elle ne saurait voir ailleurs qu’en confesse, privée par nature.

C’est ici les mots, poignants, que retinrent tristement cachés l’histoire ; dialogue à trois entre Eulalie Lalère dite Lalou, Harold dit le cocu et l’Evêque de Trouville.

– L’Evêque De Trouville à Lalou : « L’oubli de votre nom femme Blihead vous fais perdre la tête fille Lalère! »
– Lalou à Trouville : « Vous me tournez le lait l’Evêque de Trouville, montrez votre crosse que l’on cause à l’air de la lie que vous faites choir sur mon sein familial de Blihead »
– Harold le cocu, à Lalou : « This is l’halali, Lalère »
– Lalou, à son mari dans un franglais approximatif : « Vous vous oublied Blihead. Vous faites le fier en ville et le vil à la campagne et que le God me bless s’il michonne en mon sein qu’il échoit que je vous tromped de la renommée, Blihead »
– Le cocu, à l’Eveque : « La bague au finger and le fire au cul s’en est trop pour une main d’honnest man, banissez away Lalou de la bergerie de Dieu et de ses ânes mon Trouville friend! »
– L’évêque, aux époux Blihead, entre mysticisme et soûlographie : « Il n’est d’yeux que Dieu ne saurait cligner séparément de sa colère, je vous en fiche mon billet, sur vos têtes Blihead et que la bulle soit papale si je perds mon latin devant cette catin Lalère … »
– L’évêque toujours, à Lalou : « Et quand à vous vous serai punie Tartouffe de tant d’ébats devant le Tout Haut qui ne condescend pas et s’en bat menu l’inquisitoire circoncis, et je vous en monte mon caval que vous y trotterai sur les hauteurs de vos bas-fonds bafoués et non absouts Lalère coupable »
– Le cocu, coupant l’évêque : « … Oui but n’en faites pas too much non plus, élevez votre hand divine sur Lalou Blihead born Lalère! »
– Lalou se levant, aux deux : « Je veux l’oubli de Lalou Blihead , je suis une Lalère et je le boirai jusque l’Eulalie qu’on me mette au trou ; Lalou ne réclame plus Blihead qu’elle n’a plus ni en tête ni au derche et qu’on me borne six pieds sous terre, là, moi Lalou Blihead » (etc…)

Je vous passerai la suite, mais son vœu fût exaucé, et elle fût profondément enfouie…

Et le nom « Oubliettes », son invention, vient précisément de cette dernière parole de Lalou Blihead, née Eulalie Lalère.

Ou comment elle sorti de l’histoire pour mieux y entrer, mais elle avait toujours su, reconnaissons le, donner un fond à ses formes et des formes à son fond.

Et ornitho soit qui mal s’y oublie.

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8 réflexions sur “Les oubliés de l’histoire (4) : Eulalie Lalère (847-872) ou « c’est à la lumière du trou qu’on voit le feu au cul »

  1. Alice dit :

    Quelle épopée épatante!!!Ca caracole prestement, ça tournicote, ça ventraille en diable!Grand Mercy, mon Prince

  2. Patrick dit :

    Oui hein!Tout à votre service.

  3. ẄWẄ dit :

    On en perd son latin!

  4. Patrick dit :

    Et d’autres leur anglais!

  5. marlaguette dit :

    Tiens ! chez moi, ça marche … hihi ! Traleulalie lalère !

  6. snake0644 dit :

    Dieu merci DSK ne voyage pas dans le temps, sinon, hop, au trou.

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