« Un pied, puis l’autre! » – Billoyez – concours chez ◘ẅ◘

Voici le lien vers le billet concours, ainsi que les modalités de participation et/ou votes.

http://wwwcine.wordpress.com/2013/08/16/billoyez/

Concours sur une image originale de : http://sebastienecosse.wordpress.com/

Page FB artiste :

https://www.facebook.com/pages/Sebastien-Ecosse/194324577330249

***

Ma petite participation, de … 20 minutes!

« Un pied, puis l’autre! »

 » Prisonnier des glaces, mission : s’évader. S’évader de l’image. Dans la prison ne pas rester statique. Fuir. Brutalement, définitivement. Les limites imposées ne sont pas les miennes, aux frontières du papier. Mais je m’aperçois, en haut de l’image – là est la sortie, dans ce fantôme cadré qui semble bien être moi. Le joindre et me l’approprier, tout au silence figé qu’il est – est-il réalité, suis-je fiction? Peu importe, avancer, ne pas reculer. Je suis si lourd et armé – particules imposées par mon créateur, dieu du pinceau ou du crayon … Dieu … je ris, mon nom est crépuscule, je te l’imprimerai au fer rouge sur le front. Face au vent, lutter, se battre, arracher un pied à l’immobilité pour le placer devant l’autre … vanité d’un auteur que de vouloir m’imposer l’immobilisme … salaud … barbarie de papier et de couleurs … je hais la couleur, je hais le trait comme je hais le poids de ma stature … tel un roc figé dans le froid interstellaire d’une planète quelconque – Mars, pourquoi pas en Dieu de la guerre. Mais non! Un Dieu encore. Juste garder la guerre. Une guerre sainte. Une guerre fourvoyée sur papier glacé. Glacé comme mon pas. Je veux hurler, mais à quoi bon … la lutte est par trop inégale, peut-être par vengeance, par mépris ou dérision – c’est tout du pareil au même – lui imposer mon immortalité de silence et d’ennui. Mais non. Cratère puant je suis, pourtant. Un pied puis l’autre, toutes les fois que cela sera nécessaire, toujours, encore sans relâche ni répit … mais le cadre bouge avec moi, l’image ne désemplit pas et s’avance avec moi, autour de moi, je promène ma cage … tant pis, je la prendrai en traître, au détour d’une nuit, d’une erreur – ils en commettent toujours au moins une, les auteurs, toujours. Des années lumières que je me bats et débats, dans les aiguilles chronomètres immobiles, fugaces et qui puent l’ennui… marasme des heures … Un pied, puis l’autre, joindre cette forme imposée, barbare à nouveau qui reste moi. Moi, ou un autre. Qu’importe, l’atteindre et me l’approprier. Un pied après l’autre, décoller du néant – oui du néant ne t’en déplaise auteur, du néant … je vengerai la nuit et te l’imposerai, bâtard du mouvement, tes pieds tu t’en fous, toi, tant que tu nous maltraites du crayon, de sa pointe minée, du gras poison de son dessin. Un pied. Puis l’autre. Encore, toujours, aujourd’hui et demain. Et puis plus loin. Un pied, puis l’autre : ma seule histoire possible, afin d’exister ou de disparaître. L’effort n’est pourtant pas vain, l’espoir n’est pourtant plus si loin pour celui qui veut avancer. Prison en moins chaque pas posé – je lutte, un pied, puis l’autre. Face à ce miroir que l’image me tend le devoir d’avancer … ou est-ce mirage? Peu importe, un pied, puis l’autre c’est ma seule fable, mes 1001 nuits et jours face à la gravure, je t’endormirai dessinateur funeste, brute de l’idée, un pi … ».

20 minutes, le chrono sonne, on s’arrête (enfin moi, lui je ne sais pas – un pied, puis l’autre a-t-il dit … Voila – je le publie, sans même le relire – figé le texte 😉 )

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36 réflexions sur “« Un pied, puis l’autre! » – Billoyez – concours chez ◘ẅ◘

  1. Ouf ! c’est dense comme texte, comme le roc ou la glace ou autre face au personnage. En tout cas j’ai mis 24h chrono pour le lire. D’une seule traite. Un texte efficace. C’est le deuxième que je lis de toi. Un style personnel qui met le doigt là où il faut, sur divers sujets entre culture, philosophie ou autre situation dans le contexte de l’image. J’aime beaucoup ce que je viens de lire, aussi bien chez toi que chez Awa….le pseudo je crois que je ne l’ai pas bien retenu 🙂
    Je vais essayer de m’y coller. 🙂 J’aime la photo ou le dessin 🙂

  2. Pingback: Billoyez | ◘ẅ◘

  3. J’ai lu ton texte avec avidité et gourmandise, ne voulant laisser une seule miette de ce festin de mots.
    un grand merci pour ce petit bijou d’écriture qui m’ait été donné de voir.

  4. Un texte un peu à la Heiner Müller, c’est ce que je me dis à la relecture – dans le style ; ça ferait un texte de scène possible je crois (à le lire à voix haute, je le pense oui!)

  5. Mon dieu, ça m’épate qu’on puisse écrire aussi bien en 20mn, sans se relire et faire quelquechose d’aussi puissant! Vraiment bravo, c’est magnifique, j’aime l’idée de faire parler la figure figée sur son « dieu »/auteur, vraiment épatant je me répète, du lourd, du brutal comme l’a dit mon voisin du dessus et les tontons héhé. Encore l’idée de l' »éventuelle » réflexion/mirroir du personnage marchant avec la figure en haut du dessin, je ne l’avais pas vu comme ca à la création mais cela semble être la pensée générale, j’adore ça :).

  6. Il y a toujours un peu plus de vérité à travailler dans l’urgence.

    Certains auteurs y gagneraient sûrement, à se passer de certaines ornementations.
    Le stade ultime, c’est « La machine molle » de Burroughs, mais c’est à la limite du lisiblement supportable!

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