Christiane F., 51 ans, toujours « vivante ».

cf13dpUn bouquin et un film qui m’ont secoués à l’époque (Moi, Christiane F. , 13 ans, droguée, prostituée) – un film qu’aujourd’hui encore je n’ose pas revoir tellement était grand le malaise ressenti. Cette histoire à sans doute eu le mérite de me faire haïr les drogues, sous quelque forme que ce soit, me faire refuser « l’esclavage consenti » de la toxicomanie. J’avais aussi 13 ans en 1978 (sortie du film), ce n’est pas anodin de le rappeler.

Un même malaise qu’avec un film comme « Trainspotting« , par ailleurs.

Ceci dit, ça n’enlève en rien de mon fantasme berlinois, que je continue à vouloir découvrir. Le Berlin de 78 était encore celui de la guerre froide, soit-dit en passant, avec comme une nostalgie …

http://www.lemonde.fr/le-magazine/article/2013/10/04/moi-christiane-f-51-ans-toujours-vivante_3489154_1616923.html

http://www.francesoir.fr/loisirs/culture/moi-christiane-f-49-ans%E2%80%A6-123320.html

Toujours vivante. Et toxicomane aussi, en fin de compte. Une esclave.drogenrueckfall

Vivante, vraiment?

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35 réflexions sur “Christiane F., 51 ans, toujours « vivante ».

  1. Oh oui, vivante avec des en-vies dans le regard !! Elle a lutté, elle lutte au quotidien. Elle est donc bien en vie !
    Moi aussi, j’avais été bouleversée par le bouquin (pas vu le film), et moi aussi, j’avais le même âge à un chouillas près.
    C’est drôle, quand j’ai entendu parler d’elle l’autre jour à la radio, ça m’a fait un immense plaisir de la savoir vivante. Un beau rayon de soleil !

    • Elle n’a pas résolu son problème de dépendance. Quelle qu’ait été sa situation (gamine de la rue ou personne ayant des moyens financiers), c’est toujours la même seringue.

      Esclavage.

        • Jusqu’à la prochaine rechute.

          Je suis peut-être « dur » (?) mais je dois avouer que j’ai un profond « mépris », voire un dégoût pour les toxicomanes – du moins ceux sous dépendance.

          Ai travaillé avec d’anciens toxicos – ceux qui « s’en sortent » méritent vraiment qu’on les soutiennent surtout si ça part d’une démarche volontaire (pas sous forme d’assistanat mais sous forme de respect de la personne humaine) et collaboré avec des centres de cure. C’est un milieu assez dur, parfois critiquable mais les « clients », les malades ne sont pas commodes à aider. Cela reste des êtres humains, mais entendre la fascination qu’ils ont pour l’héro, ça me fait à la fois peur et me fout la nausée.

          Les autres ils vendraient père et mère pour leur saloperie – on ne sait jamais quelle personne on a en face de soi : l’individu ou l’entité dépendante. Aucune confiance possible.

          • C’est vrai que tu es dur… Je crois personnellement de manière indéfectible en l’humain et en sa capacité à rebondir. Certains n’y arrivent pas, tu as raison. Certains se perdent et abandonnent la lutte, c’est vrai. Mais quand on connait leurs parcours, leurs chemins, leurs errances… Il aurait suffi parfois de pas grand chose… dans un sens ou dans l’autre. Quand j’avais 14 / 15 ans, un de mes potes était un junky grave de chez grave. Il avait 1 an de plus que moi, vivait dans la rue depuis plusieurs années. Il m’a toujours protégée, il a toujours mis une barrière entre ses « amis » et moi. J’étais très influençable. Il a dit un jour à ses « amis » de ne pas s’approcher de moi. Et lui, il ne venait me voir à la sortie du lycée que quand il était clean. Je pense que sans lui entre autres, j’aurais pu basculer à certains moments et me perdre.

          • Pour moi, le toxicomane n’est plus un être humain – il refuse lui même d’en être un. Ils l’ont été, ils le rejettent.

            J’imagine malheureusement qu’on a tous des cas plus ou moins dramatiques à donner en exemples … Pour certains j’ai « envie de dire » que l’overdose est ce qui peut leur arriver de mieux… pas d’issue de secours, ou si peux! Pour un qui s’en sort, combien (re)plongent et s’enfoncent?

          • Ils n’ont plus le choix… Ils ont forcément eu le choix à un moment mais les frontières sont si fragiles qu’il suffit parfois de pas grand chose pour faire basculer d’un côté ou de l’autre. J’estime avoir eu de la chance, beaucoup de chance d’avoir croisé la bonne personne au bon moment à chaque fois que ma vie pouvait basculer. Celle qui a su me dire les mots justes, me foutre la bonne paire de baffes… Il y en a eu comme ça quelques unes.

          • J’abandonne au moins provisoirement la discussion… Le devoir m’appelle. Peut-être d’autres avis d’ici mon retour sur cette page ? A plus tard ! 🙂

  2. Je pense aussi que la lutte contre le trafic de drogue – qu’ils soient grands pontes ou petits dealers, doit -être plus dure, sans appel et les condamnations pénales, les peines doivent être exemplaires, et sans équivoque destructrices de l’individu qui joue avec la vie humaine et/ou sociale de ses victimes.

    • Là c’est pas possible, car tu t’attaques à tout un trafic où même la mafia de tous les pays est impliquée, histoire de gros sous une fois de plus et en mettant au fond du trou, des enfants, adolescents et adultes. Lorsque je vois à la télé ce qui se passe dans ce domaine avec l’acquiescement des politiques alors qu’ils prétendent tout faire pour éradiquer les trafic, depuis le temps qu’ils le disent, cela aurait dû se savoir. Mais non, rien de tout cela puisque chacun se sert à tous les niveaux. Et cela circule hélas avec aux portes nos enfants sur la première marche. Ceux qui sont condamnés pour trafic ne sont que les maillons d’un trop grand marché. Lorsque tu vois comment cela se passe en Amérique du Sud, tu comprends vite, l’emprise sur les territoires et sur les individus.

  3. Bigre… Comment peut-elle encore être dépendante après son bouquin? (j’ai lu le bouquin et pas vu le film). J’aurais cru que le fait d’avoir écrit cela était une démarche positive (si c’est bien elle qui l’a écrit) et que cela signifiait la fin de l’esclavage.

    • Elle s’en est sortie, un temps. A plusieurs moments. Chaque fois la rechute, le grand problème de la toxicomanie … c’est ce qui rend la rend encore plus terrible, comme outil de d’auto-destruction.

      Après une cure, il est considéré que le manque se fait encore sentir pendant 7 années environ.

      • Je n’ai aucune expérience de la drogue, même pas le cannabis (trop la trouille) mais j’ai été accro au tabac que j’ai arrêté il y a 12 ans. Bizarrement, je n’ai pas ressenti de manque…

        • Tant mieux! Sans doute l’organisme réagit-il différemment selon les individus.

          Etant non fumeur depuis mes 16 ans (l’ado fait le malin!), je n’ai pas non plus une grande (sic) expérience du cannabis – 1 x, et j’ai trouvé ça décevant (morose!)… et puis de voir les fumeurs de pétards et leur molasserie récurrente … ça préserve. Une colatéralité positive du film, sans doute 🙂

  4. J’ai lu le livre en étant toute jeune, et il m’avais également marquée. Je suis étonnée du fait qu’elle soit dépendante. Quel dommage et je suis triste pour elle.
    Elle n’est pas parvenue à s’en sortir. Et oui, les dégâts collatéraux sur soi-même sont immenses, même si je ne fume, pas, et ne me suis jamais droguée. Mais je suis dépendante du sucre. A chacun ses addictions 😀
    Mes douceurs à moi sont les sucreries, mauvaises aussi pour la santé. Je me soigne, je me soigne 🙂

    Dommage pour l’écrivain et dommage pour cette femme ! Dommage qu’elle ne puisse pas s’en sortir. Pour le pouvoir, il y a dans la démarche une grande part de volonté qu’elle ne semble pas trouver. L’être humain, complexe.
    Merci pour cet article et ce souvenir 🙂

  5. J’ai lu ce livre lorsqu’il est sorti, je ne dis pas à quel âge je l’ai lu !!! Certainement très jeune !!!! 😉 J’ai aimé sans plus, si « on » ne me l’a pas emprunté, je dois l’avoir quelque part… Si je le retrouve, mon avis sera peut-être différent !!! 😀 à la relecture…

  6. J’ai laissé le post toute la matinée ouvert sur mon écran… je ne parviens pas à commenter, à mettre de l’ordre dans mes idées, probablement parce que cela fait écho à des situations vécues professionnellement mais aussi à ma sensibilité personnelle sur ce qui touche à ce qu’on appelle la « volonté ».
    Je vais ranger tout cela et revenir, c’est certain, car vos échanges me plaisent bien.

    Bonne journée !

  7. Je n’ai pas lu le livre ni vu le film, mais je connais évidemment. Votre débat à ce sujet est très intéressant.

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