Les oubliés de l’histoire (5) – Naerlod Karpict, vaguement artiste

eur-affjanr4gAvant propos (sans rancune ; et ainsi donc histoire d’en rire) :

L’infini du vide sera autour de toi, tous les morts de tous les temps ressuscités ne le combleraient pas, tu y seras comme un petit gravier au milieu de la steppe. .. Oui, un jour tu sauras ce que c’est, tu seras comme moi, sauf que toi tu n’auras personne, parce que tu n’auras eu pitié de personne et qu’il n’y aura plus personne de qui avoir pitié.

in « Fin de partie » de Samuel Beckett

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Naerlod Karpict 😉 et sa cour

Histoire étrange que celle de Naerlod Karpict, Fou-du-Roi d’une lointaine cour oubliée du Royaume de Danemark, et par demeure vaguement artiste.

Le véritable titre de cette histoire oublieuse pourrait être celui-ci – tant les rôles étaient inversés sur la scène tant politique qu’artistique.

« Ludwig-Henri IV von Demesdeux, ou le crépuscule des Fous-du-Roi« °

Souvenons-nous …

Tout petit déjà, dans la cour de l’atelier de la forge qui l’avait vu naître, Naerlod Karpict, le visage grimé de poussière de charbon, tentait vaguement d’amuser la galerie.

Désespoir de ses parents, ce fût sans vague mais d’un grand coup de pied au cul qu’il fût jeté hors du village, habillé d’un chapeau trident à clochettes dont ses pairs avaient crus bon de l’affubler pour le rendre vaguement ridicule.

Par chance ou par un vicieux hasard, je vous laisse seuls juges, un Seigneur ami du bon Roi « LH 4 von Demesdeux », passait par là et pris le temps de s’arrêter, attiré par cette scène peu conventionnelle, qui lui laissait une impression vaguement amusée.

– « Dites, joyeux drille, que jouez vous là comme saynète, je ne l’entends point, du haut de ma carrosse« , demanda t’il  au jeune Naerlod, encore tout cliquetant du chapeau et les articulations en compote.

Tout à se remettre de ses émotions vaguement chahutées, il répondit :

– « Il y a quelque chose de pourri au Royaume des artistes... »*

La réponse, un peu sotte et sortie sur le vif, eût le don de ne pas déplaire au seigneur, qui pensait que cette phrase pourrait faire son chemin, sans doute … Enfin, il était d’humeur accorte et invita donc notre saltimbanque à le suivre, et rejoindre la cour, où lui semblait-il, ce jeune idiot pourrait amuser la galerie.

Le début des problèmes commençait pour notre désormais « Artiste et Fou-du-Roi et de ses suites« , car en ce temps reculé, tout le monde à la cour se jugeait artiste. D’où cela provenait-il, nul ne s’en souvient sans honte et de ce sujet les livres ne parlent guère …

Toujours est-il que cette engeance touchait jusqu’au plus Hauts Dignitaires de la cour, Ministres et Connétables, Ecclésiastes même, ce qui avait de fâcheuses conséquences sur le métier. Les artistes subissaient une crise sans précédent, réduits à de vagues doublures pour ces sires en habits de bouffon.

L’Art ne faisant plus le larron, l’Art n’appelait plus le marmiton, et l’artiste divaguait dans sa misère. C’est grand dommage pour chacun quand du Roi, du Fou ou du chien on ne peut reconnaître le maître. Le notaire était écrivain, le Garde des Sceaux scénographe, la Reine écuyère …

Naerlod, le vaguement-fou-du-Roi, qui lui jamais ne se permettrait de coiffer couronne s’il n’en recevait l’exploit circonstancié, souffrait seul et en silence, loin des feux de la rampe. Une situation qu’il vivait dans la chair même de ses sentiments, le matériau de ses rêves. Il avait conscience de vivre une époque trouble, qui ne reconnaissait ni grandeur ni décadence, le bon grain de l’ivraie. « C’est grande pitié quand talent manque à scène de bonne volonté« **, songeait-il alors.

Il finit sa vie comme il l’avait vaguement vécue, en bas de scène devant ces gens, oublieux et imbus d’un talent qu’ils ne possédaient guère.

Abandonné tragique, avec tout-le-reste-de-l’Art, à la fosse commune de l’illusion comique, vaguement il pensa encore, avant de contempler un crépuscule blafard :

« Aie pitié de mon chagrin. Ô présence enfuie, Rassure-moi, hante-moi ; toi que j’ai perdue, Reviens, sois une ombre, un rêve, un fantôme« .***

C’est ainsi qu’il déteint en vain, dans les méandres de l’oubli et du néant contemporain.

Et ornitho soit vaguement qui mal en scène.

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° : Contraction de Louis II et de Henri IV (dont 2 films furent tirés, relatant l’histoire de ces (faux) rois, au cinéma, et qui m’ont inspirés)

* : « Il y a quelque chose de pourri au Royaume de Danemark », in Hamlet, de William Shakespeare.

** : Variation sur la phrase de Rabelais « C’est grand pitié quand beauté manque à cul de bonne volonté »

*** : Repris tel quel in « Laments » de Seamous Heaney

 

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28 réflexions sur “Les oubliés de l’histoire (5) – Naerlod Karpict, vaguement artiste

      • D aimer….les oubliés de l histoire. La folie du monde ou des grands. C est bien ça. Ce dont tu parles. Se cacher derrière un visage de clown pour faire oublier la réalité de qui on est.  » elle est morte, elle ressucite » tu fais bien le clown ainsi que le crocodile qui déverses ses larmes pour faire croire qu’il est en détresse de savoir celle à qui il.prétznd tenir dans le coma. 1 forme d’hypocrisie et de manque de sincérité. Tu joues bien la comédie, c est effectivement ton metier mais pas le mien. Pas besoin de masque de clown pour faire rire et créer 1 monde 1 peu magique. La.magie de l histoire s’éteint quand le masque tombe et la vie avec tres sincerement. Qui joue avec le feu s’ y brûle pr toujours.

  1. Hello !
    savais-tu que Woody Allen n’était qu’un beau salaud ! d’après la RUMEUR
    il a adopté une petite fille avec sa femme
    et peu de temps après , sa femme a demandé le divorce car il « sortait » (si tu vois ce que j’veux dire ) avec sa fille adoptive …….
    et attention , tu cites du Samuel Beckett, un super écrivain de théâtre , dic donc, c’est que tu en a des références en littérature !et du rabelais et du shakespeare !!!!
    waouhhhhhhhh !!!!
    c’est quoi ton facebook que j’apprenne qui tu es et quelle est ton domaine de compétence (tes études , ton boulot ….)
    j’ai adoré cette histoire que tu nous as si bien conté , c’est une vraie histoire ou tu nous l’as créée de toutes pièces , en tout cas , elle est magique , on dirait un conte de Noël !
    c’est une très belle histoire , pleine d’humour et de références ,
    moi , je dis « BRAVO »

    see you soon , Faith°°°

    • Références références oui … mais bon, je fais parfois des recherches aussi, avant d’écrire (ou pendant) un billet. Et le théâtre c’est … « vaguement » mon métier. Lien? le « F » en haut de la page, à droite.

      Pour ce qui est des rumeurs, je laisse courir … et puis Woody Allen, il me fait marrer (pas tjs mais souvent)

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