Une photo et quelques plumes – rattrapage (Asphokaïdi, Leilookaïda …) – « Jaunil et Bleuelle »

Suis en retard (?), mais j’ai une allergie chronique à l’idée de publier deux articles sur la même journée. Alors donc.

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En retard pour la « récolte de mars » chez Asphodèle, ai aussi loupé deux épisodes chez Leiloona ; et pour compléter l’affligeant tableau, suis arrivé après la fermeture chez Les Carnets Paresseux (passé en seconde sess’) – ça va, vous suivez? On me pardonnera, j’aime les mélanges (hors l’alcool).

Bref, je compile, en essayant de rester créatif. – de 300 mots.

La liste des mots de chez Aspho’ : Douceur, printemps, déserter, sommeil, chaleur, renaissance, air, bernard-l’hermite, édredon, paresse, plume, aile, volupté, insouciance, liberté, vaporeux, virevolter, cigogne, nuisette, ubac, univers, urgence.

Comme chaque fois, je respecterai l’ordre des mots.

La photo chez Leiloo’

(C) Diane

(C) Diane

***

De peu et de proue. Parmi les cordages et la rouille, le sel. Dialogue en il et en elle, hors île et hors d’ailes.

« Ne cultivons pas notre peine, l’éternité s’en chargera » Maurice Maeterlinck.

Jaunil: Douceur aveugle, j’aimerais plonger dans l’onde de ton bruissement bleu

Bleuelle: Printemps solaire ensevelis moi de ton souffle jaune

Jaunil : Déserter la rive, par les cordages, pour au loin acquiescer l’oubli

Bleuelle : Annihiler le sommeil du temps, dans le proche réveil de ton sourire

Jaunil : Chaleur …

Bleuelle : … et renaissance

Dans l’air le craquement du Bernard l’Hermite, navire-amour à quai, édredon de ferraille où la rouille paresse, par essence et sans sens, telle une plume créée de tessons de bouteilles et qui crisse sous-jacente, adjacente, contondante quand les mots défroissent l’âme …

Bleuelle : Offre moi le désir en aile, l’amour en vent

Jaunil : Offre moi la volupté d’un sable lointain, l’amour comme un courant

Comme une négation de l’insouciance, le béton des quais, l’armé d’une ancre – liberté emprisonnée, en-cimentée et menteuse.

Ne restait pour eux que le vaporeux du symbole des mots, l’oubli forcé d’un présent qui pleure, où virevolter n’est plus que naufrage.

Bleuelle : Regarde, sur le lointain salvateur la cigogne, oiseau mystère né dans des vallées d’ubac, retranche du soleil des épaisseurs de brume …

Jaunil : Vois, plus loin encore sur la mer, jusque dans la nuit noire, la lune en nuisette de cristal …

Univers onirique à bout de corde-au-cou, navire qui triche et s’oublie.

Et, comme un sel posé sur l’urgence des mots d’amour, la faux sur le vide de deux vies.

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30 réflexions sur “Une photo et quelques plumes – rattrapage (Asphokaïdi, Leilookaïda …) – « Jaunil et Bleuelle »

  1. Pingback: LES PLUMES 42 – LES TEXTES DE MARS 2015 ! | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture

  2. Très onirique et de haute volée ! On les visualise ces deux enfants perdus à la proue d’un bateau fantôme, rouillé…ou on imagine ce qui est encore mieux ! 😉

  3. Onirique est le mot juste…
    « Offre moi le désir en aile, l’amour en vent… » Très beau
    Je vais de ce pas me renseigner sur Maurice Maeterlinck…..

  4. Flottant entre deux eaux, ce texte tout en image colorées, me laisse rêveuse, j’aime en-cimentée et menteuse, la couleur grise du quai qui met en valeur la vie ailée du discours des personnages.

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