« Ire honnie à bon compte (sic) » – Non texte ou le réglement de Conte / jeu agenda ironique d’août.

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15 août 2015 par L'Ornitho

Hop, cette fois j’ai (faut voir me dit une petite voix), le temps de reprendre le temps (hein???), de participer au joli, gentil, non-superficiel concours agenda ironique, repris cette fois chez https://jobougon.wordpress.com/

le règlement et mot-d’alités (sic) du règlement de conte, via le lien suivant :

https://jobougon.wordpress.com/2015/07/28/concours-agenda-ironique-daout-dissequer-la-grenouille-ou-la-citrouille/

« Je vous propose d’écrire un texte soit en prenant pour point de départ l’affiche de la pièce, soit en écrivant ou réécrivant un conte, une fable, émaillée de réalités un rien teintées d’ironie… Une gentille satire quoi ! »

illustration-autopsie-des-contes-de-fc3a9esEn cours de route, pour ma pomme, ou ma citrouille, s’est ajoutée l’idée de « non-texte » … hmm. Je repartirai de mon ami « L’écrivain raté » (lien en haut de page).

Non mais j’rêve, là !!! « Tu es donc prié d’écrire un non-texte, un challenge à ta dimension, car notre maison d’édition t’a prêté à la concurrence amicale de J.B. Editions*, spécialisée dans le conte. De toutes façons ces derniers mois ont été très insignifiants côté écriture pour toi, et je ne doute pas de ton ironie galopante. Texte à remettre pour le 17 août au plus tard ». C’était écrit noir sur blanc, de haut en bas de la courte lettre, suivie de « Ton éditeur » et « PS : … Ah, oui, j’oubliais, c’est au frais de la princesse bien entendu – c’est un échange amical, ce que tu comprendras sans mal« .

Encore un coup de pute du binoclard pognocrate. Echange amical… des fois, y’a des termes qui passent mal, qu’on a tendance comme qui dirait à régurgiter… et je te parle pas de ironie galopante. Ire honnie. Honnie moon pour trucage en douce, sous la table, ouais…

Soit.

Ire Honnie, (à bon) compte !

« Il était une fois, dans un panier de crabes, une citrouille, une Princesse de l’édition et une Grenouille écrivain. La première, si juteuse dans son déguisement de carrosse, était très convoitée par la seconde, mais ne pouvait être conduite sans heurts ni tracas que par la troisième qui en était la propriétaire …

-« Grenouille », dit la Princesse, « Mène moi à la Fontaine-aux-Lyres, à tire d’ailes et dare-dare, j’y ai à recevoir les nouvelles du Monde des Fées Diverses ».

La Grenouille connaissait bien la Princesse, et la réputation de malversation qui lui collait sous la couronne ; d’autant qu’elle ne l’employait lui que lorsque de sales besognes en écriture étaient à publier, et il resta silencieux. Il le savait la Princesse n’aurait pas la patience d’attendre, même si souvent elle se montrait maligne et usait de malice pour arriver à ses fins.

-« Tiens! », dit-elle, pleine d’assurance, « Voici une avance sur ce que tu me dois, trois cent mots que je t’offre, dont dix pourcent en majuscules ».

« Ce n’est pas cher payé« , grommela la grenouille qui fit mine de s’endormir. « Après tout« , pensa-t-elle aussi, « quoi que je puisse dire elle le déduira de ma solde« . Elle garda donc le silence.

La Princesse, pas dupe pour un sou-neuf-qui-manquait-à-sa-bourse, la regardait et songeait : « Quel naïf batracien, toujours à lambiner dans ses rêves de grandeur dorée. Pauvre plouc, tu cèderas à la flatterie – ça marche toujours avec ces faiseurs de vers-à-luire ».

-« Oui », dit-elle encore, « j’y ai là-bas rendez-vous pour y proposer divers manuscroâ-croâ à l’édition pour le prochain Goncourtoujours, qui t’échappe si fidèlement – (elle se mit à rire à cette idée) – depuis même avant la nuit des temps ».

Le sang de la Grenouille ne fit qu’un tour, car elle était très susceptible sur ce point, et rougit en demandant alors : « Comment ..!? Vous croa … euh … vous pensez que cela pusse (à l’oreille ndlr) être possible pour cette année, Princesse? Ça serait une belle récompense ma foi, et cela me siérait encore pas mal », car il savait la Princesse influente sur ces choses …

A ces paroles de la Grenouille, la Princesse répondit d’un geste : elle lui posa sur la tête une couronne d’or. Notre verte amie dès lors couronnée se sentait toute chose, capable même d’avaler une vipère toute entière et d’une seule bouchée … Bien mal lui en pris car, sur cet entrefait, la Princesse s’était assise, armée d’un couteau gras, sur la citrouille bien décidée à l’écouter pétarader au loin sans sa gardienne.

Tout aux alentours, jusque-là silencieux, se mirent à chanter grillons et cigales … on pouvait reconnaître la chanson des rotatives, le refrain des caractères d’imprimerie et surtout le tintinnabulement des pièces qu’elles font lorsque qu’elles tombent dans la mauvaise poche.

De ce chant d’un autre âge, seule notre grenouille n’entendait rien, perdue dans les flonflons de son rêve-de-glandeur, et les arbres plissaient leurs feuilles, comme pour éteindre la sinistre mélopée.

Ils se mirent donc en route.

Dans cette course effrénée aux étoiles (comme autant de points de suspension!), on pouvait voir briller milliers de choses dont une ressortait froidement : la lame de couteau, celle-là même que la Princesse utilisait pour terminer les phrases et tailler les contrats.

La Princesse souleva la lame très haut, de telle sorte qu’elle ne pouvait manquer sa cible – notre pauvre grenouille couronnée ! La lame s’abattit et minuit sonna … ou plutôt la sonnerie de la porte du petit appartement que notre auteur habitait. Il s’était rêvé Grenouille-à-succès, et à sa porte désormais entr’ouverte se tenait son éditeur, qui, ni une ni deux lui dit : « Habille toi, tu vas me conduire dare-dare à la présentation de presse des Goncourt, j’y ai quelques manuscrits à proposer … »

Dans la nuit de la cage d’escalier, on pût encore entendre le cri désespérant d’un écrivain qui s’enfuyait en hurlant … »

Voila, non-texte? Pas sûr. Mais un non-Prix-Goncourt, assurément.

*Toute non-ressemblance avec une blogueuse citée plus avant pourrait être non-fortuite, et indépendante de notre non-volonté (à ne pas confondre avec j’en foutisme)

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19 réflexions sur “« Ire honnie à bon compte (sic) » – Non texte ou le réglement de Conte / jeu agenda ironique d’août.

  1. L’ornithorynque vient en dernier, but not least !
    Joli, ou plutôt non-vilain du tout🙂

  2. jobougon dit :

    Looool !!! Méh vraiment, quoi !
    Contrats d’acier, rêves de glandeurs, trois cent mots dont dix pour cent en majuscule, les princesses d’affaire ont sacrément les dents longues chez l’édition amicalement vôtre de J.B. dévouée et binoclarde mais complètement pucée des oreilles, c’est une vraie tuerie ce texte.
    Félicitation cap’tain ire Honnie soit qui tant y pense…😀😀

  3. […] – 17 : Une cerise sur le gâteau avec un conte d’édition sulfureusement vitriolet comme Elsa, « si la dernière minute n’existait pas, quantité de choses ne seraient jamais faite ». Une vraie tuerie mais honni soit qui mal y panse de citrouille, j’adore ce jus pur de crapaud des savanes… Ire honie à bon compte. [sic] C’est chez l’ornithorynque, ici : https://capitainecourageux.wordpress.com/2015/08/15/ire-honie-a-bon-compte-sic-non-texte-ou-le-regle… […]

  4. monesille dit :

    « Une grenouille ayant croisé tous les faits (-divers)
    Se trouva fort mal barrée quand le réveil eut sonnu.
    Elle alla wanted for tune auprès de son laid diteur de lire (honni)
    Celui-ci s’en empare et dit : (euh, je me trompe pas de fable là ?)
    -Que faisiez vous au temps frais (et pluvieux)
    -Je marchais, ne vous déplaise
    -Vous marchiez, ça c’est balèze !
    Et bien Goncourrez maintenant. »

    Voilà un non-applaudissement pour un non-texte qui m’a bien fait marée (haute)🙂

  5. On ne me dit rien mais je n’ai pas lu ce texte ! Malheur me chut ! Merci Jobougon pour le compte-rendu participatif de tous les non-zauteurs de ce concours et à l’Ornithorynque (mille tonnerres, où placer ce foutu « y » ?) pour ce rêve panier de crabes goncourien qui m’a littéralement scotchée au plafond d’où la vue est encore meilleure.

  6. […] – 17 : Une cerise sur le gâteau avec un conte d’édition sulfureusement vitriolet comme Elsa, « si la dernière minute n’existait pas, quantité de choses ne seraient jamais faites ». Une vraie tuerie mais honni soit qui mal y panse de citrouille, j’adore ce jus pur de crapaud des savanes… Ire honie à bon compte. [sic] C’est chez l’ornithorynque, ici : https://capitainecourageux.wordpress.com/2015/08/15/ire-honie-a-bon-compte-sic-non-texte-ou-le-regle… […]

  7. Leodamgan dit :

    Ah mais… C’est quelque chose, cela…
    Je suis éblouie, et pour me rincer les mirettes, je vais relire de suite.
    J’ai lu trop vite, là…

  8. martine27 dit :

    Voilà ce que c’est que de vouloir se faire aussi grosse qu’un bœuf de Goncourt !

  9. Valentyne dit :

    Excellent🙂
    Surtout l’ire honnie galopante🙂

    Bisessss🙂
    Et bon rétablissement🙂

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